QUELLES SERONT LES CONSEQUENCES DE LA RECONNAISSANCE PAR LE PRESIDENT DONALD TRUMP DE JERUSALEM COMME CAPITALE D’ISRAEL?

Le président Tayyip Erdogan a déclaré mardi que la Turquie pourrait aller jusqu’à rompre ses relations diplomatiques avec Israël si les Etats-Unis reconnaissaient officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël, une mesure qui, selon lui, constituerait une « ligne rouge » pour les musulmans.

Erdogan est le dernier d’une série de dirigeants régionaux, y compris le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le roi Hussein de Jordanie pour avertir des implications négatives de cette reconnaissance.

La possibilité que Trump puisse faire l’annonce a également suscité l’opposition des responsables américains qui craignent que cela ne déclenche une violence généralisée dans la région.

Une telle décision, qui n’a pas été finalisée, selon les autorités américaines, violerait des décennies de politique américaine pour ne pas prendre position sur le sort de Jérusalem au motif que c’était un problème que les Israéliens et les Palestiniens devraient négocier et décider.

Si Trump agissait de la sorte, cela pourrait déclencher des manifestations ou des violences de la part des Palestiniens ou des musulmans du monde entier, en partie à cause de la sensibilité du site de Jérusalem connu sous le nom de Mont du Temple et de Haram al-Sharif.

Les responsables diplomatiques ont répondu aux menaces et avertissements d’Erdogan de ne pas déplacer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, déclarant: « Jérusalem a été la capitale du peuple juif pendant 3000 ans, et d’Israël pour les 70 dernières années – que M. Erdogan le reconnaisse ou non. » 

 

Le ministre israélien de l’Education, Naftali Bennett, s’est empressé de répondre.
« Malheureusement, Erdogan ne manque pas une occasion d’attaquer Israël, Israël doit avancer dans ses objectifs, y compris la reconnaissance de Jérusalem-Est comme capitale de l’Etat d’Israël« , a déclaré Bennett dans un communiqué. « Il y aura toujours ceux qui critiquent, mais au bout du compte, il vaut mieux avoir une Jérusalem unie « .

 

Israël est un «Etat souverain, et Jérusalem est sa capitale», a déclaré Katz. « Il n’y a rien de plus juste ou juste historiquement que de reconnaître Jérusalem, capitale du peuple juif depuis 3000 ans, comme la capitale de l’Etat d’Israël, les jours du Sultan et de l’Empire ottoman sont révolus. » 

 

Selon des sources de Channel 10, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré lundi à la Knesset que les forces de sécurité israéliennes étaient prêtes à une escalade de violence si Trump annonçait la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Nous sommes préparés à toutes les éventualités: les forces de sécurité savent le mieux comment agir, si et quand cela est nécessaire », aurait déclaré Netanyahu aux membres du comité ».
Le chef de l’opposition, Isaac Herzog, a déclaré que la connexion du peuple juif à Jérusalem « ne peut être effacée« , dans un communiqué publié mardi.
« Jérusalem et ses lieux saints sont la source de la force et la vitalité de notre peuple, son centre d’attraction, l’objet de ses rêves et le désir et la nostalgie qui ont existé depuis des milliers d’années. Le lien profond du peuple d’Israël et l’Etat d’Israël à Jérusalem, le Mont du Temple, le Mur des Lamentations et le Mont des Oliviers et tous les lieux saints de notre peuple ne peuvent pas être effacés Jérusalem est la capitale éternelle du peuple juif depuis 3000 ans et personne ne peut changer cela. Ni avec des mots ou ni avec des menaces. « dit Herzog.

 

Intervenant aujourd’hui, mercredi le 06 décembre 2017, au lendemain de son annonce ayant l’intention de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, le Président Trump a reconnu la ville sainte comme capitale d’Israël.

 

 

  1. Trump a agi en vertu d’une loi de 1995 qui exige que les États-Unis déménagent leur ambassade à Jérusalem. Ses prédécesseurs, Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama, avaient toujours repoussé cette décision pour éviter d’enflammer les tensions au Moyen-Orient.

Jérusalem-est et le centre historique de la ville, sa «capitale éternelle et indivisible», une décision qui n’a pas été reconnue par la communauté internationale, qui bouleverserait des décennies de politique américaine et risquerait des manifestations potentiellement violentes.

Le statut de la ville est l’un des problèmes-clés du processus de paix au Proche-Orient. Toutes les ambassades étrangères en Israël se trouvaient à Tel-Aviv.

La Turquie et la Palestine sont indignées par la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. La Turquie considère la décision irresponsable et la condamne. Cela a été déclaré dans le ministère des Affaires étrangères du pays.

« Nous condamnons la déclaration irresponsable de l’administration américaine concernant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et le transfert de l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem », a écrit le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu sur Twitter.

Selon le chef du ministère turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, cette mesure est contraire au droit international.

Comme l’Iran, d’autres états ont prévenu que la décision du Président Trump provoquera une nouvelle « Intifida ». De la bande de Gaza, le Hamas a déclaré que le Président des États-Unis avait ouvert «les portes de l’enfer pour les intérêts américains dans la région».

 Quelles seront donc les sanctions prises contre les Etats-Unis par la Turquie et ses alliés, politique, économique, militaire ou tout simplement diplomatique comme il a été déclaré, nous en serons davantage d’ici peu de temps?

Quelques rappels historiques sur l’établissement d’un foyer national juif en Palestine,

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les alliés, vainqueurs, s’engagent dans la signature de traités de paix. En avril 1920, la conférence de San Remo, dans le nord de l’Italie, réunit des représentants britanniques, français, italiens, japonais, grecs et belges, afin de fixer le sort des provinces arabes de l’Empire ottoman et de préparer les conditions du traité de paix avec la Turquie prévu pour le mois d’août de la même année, à Sèvres.

Les ambitions françaises et britanniques en Orient

Depuis le XIXème siècle, la France et la Grande-Bretagne étendent soigneusement leurs influences économiques et culturelles sur les provinces arabes de l’Empire ottoman. La France, puissance protectrice traditionnelle des chrétiens d’Orient, s’est particulièrement bien implantée au Liban et convoite la Syrie. Les Britanniques, soucieux de protéger la route des Indes, sont au début du XXème siècle bien établis dans le Golfe et en Mésopotamie. Ils cherchent alors à détacher la Palestine de la Syrie pour éloigner toujours plus leur rival français du canal de Suez. A partir de novembre 1915, les deux puissances, en guerre contre l’Empire ottoman depuis près d’un an, commencent à négocier le partage des terres de l’Empire. Ce sont les accords Sykes-Picot. Ils prévoient la division des provinces orientales en cinq régions composées de zones d’administrations directes françaises et britanniques et de zones d’influences sur le royaume arabe promis au même moment par le gouvernement anglais (correspondance Hussein-MacMahon) au Chérif de La Mecque, Hussein. Ces arrangements ne sont finalement pas respectés et à partir de 1918, les deux puissances victorieuses vont tenter de s’accorder sur leur future présence en Orient, abandonnant progressivement les engagements vis-à-vis des nationalistes arabes. Les troupes britanniques occupent alors l’Irak et la Syrie et sont donc en position de force par rapport à la France qui n’a pas déployé de véritable contingent dans la région. L’armée de Faysal, fils de Hussein, a pour sa part dirigé l’insurrection arabe jusqu’à Damas. L’article 22 du Pacte de la Société des Nations naissante, adopté en avril 1919, prévoit, pour les anciennes provinces arabes de l’Empire, la mise en place d’un système de mandats. Cette formule rompt définitivement avec les idées de sphère d’influence élaborées dans les accords Sykes-Picot et pose le principe de tutelle des populations par des puissances chargées de les porter vers l’indépendance. Il s’agit alors pour la France et la Grande-Bretagne de parvenir à un accord pour délimiter leur zone de domination dans la région. En février-mars, une première conférence, à Londres, marque un premier pas dans les discussions. L’Angleterre y obtient notamment l’élargissement de la Palestine au nord de la Galilée. C’est véritablement à San Remo, un mois plus tard que les deux puissances vont finalement parvenir à un accord.

Les accords de San Remo

Plusieurs questions sont soulevées lors de cette rencontre. La France se voit attribuer un mandat sur la Syrie et le Liban alors que la Grande-Bretagne obtient un mandat sur la Mésopotamie et sur la Palestine. Le vilayet de Mossoul, dont les droits sont abandonnés par la France depuis décembre 1918, est placé sous tutelle britannique contre l’octroi à l’Hexagone d’une participation de 25 % à l’exploitation des gisements de pétrole. Depuis la guerre, les Britanniques ont en effet pu mesurer l’importance stratégique du pétrole. Un monopole européen commence ainsi à se mettre en place sur le pétrole du Moyen-Orient.

Par ailleurs, face aux pressions exercées par la Grande-Bretagne et par l’Italie, la France accepte de renoncer à son droit de protection sur les chrétiens d’Orient qui entravait fortement l’autorité britannique sur la Palestine. Elle cherche cependant à faire valoir les droits des populations arabes et affirme que l’établissement d’un foyer national juif dans le pays, prévu par la Déclaration Balfour de 1917, ne doit pas annoncer la formation d’un Etat juif.

La conférence de San Remo scelle donc le destin des provinces arabes sans prendre en considération les revendications des populations sur place et en oubliant définitivement les promesses d’indépendance faites pendant la guerre. Les réactions ne se font pas attendre dans le monde arabe : une insurrection populaire réunissant chiite et sunnite éclate en Irak. En Syrie, les nationalistes se radicalisent alors que des violences se succèdent en Palestine. Faysal, proclamé roi du royaume arabe de Damas de manière unilatérale par le Congrès arabe le 8 mars 1920, a refusé de se rendre aux pourparlers. Il sait alors que sa position est fortement menacée. Les alliés lui font d’ailleurs comprendre qu’il est sommé de se soumettre aux décisions de San Remo. Quelques mois plus tard, les troupes françaises du général Gouraud mettent fin au royaume arabe de Damas et imposent le mandat.

Ainsi, la France et la Grande-Bretagne s’établissent progressivement dans les anciennes provinces ottomanes entre 1920-1922. Les décisions mandataires de San Remo sont officiellement entérinées par la Société des Nations en 1922.[1]

 

WAN

[1] http://www.lesclesdumoyenorient.com/Conference-de-San-Remo.html

 

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