Randa Kassis : «il faut couper les financements de l’Arabie saoudite et du Qatar»

Comment mettre fin au chaos syrien? Désireuse de contribuer à la reconstruction du pays, l’opposante Randa Kassis œuvre à un projet constitutionnel.

La Syrie, c’est le conflit de la décennie. Apothéose et coup d’arrêt du Printemps arabe, le voici qui dure depuis maintenant six ans. Contrairement à d’autres, il a fait naître bien des passions en Occident, notamment durant la bataille d’Alep. Nous avons même tous retenu notre souffle, lors des frappes américaines en avril dernier.Mais cette guerre civile, qui a donc de loin dépassé les seules frontières syriennes, pourrait bien arriver à son terme. A quoi la Syrie, le Proche-Orient ressembleront-ils?

Pour tenter de saisir les grandes lignes de la Syrie de demain, nous avons reçu en studio Randa Kassis, femme politique syrienne, fondatrice du Mouvement de la Société pluraliste, créé en 2012. Celle-ci a créé ce mouvement après avoir été exclue du Conseil National Syrien, dont elle a dénoncé la radicalisation.

Extraits:

Une nouvelle constitution

«Il faut être inventifs et créer un projet politique pour tous les Syriens. Il y a plusieurs communautés. Vivent-elles en harmonie? Il faut préparer la réconciliation. Pour cela, je travaille sur la constitution de la Syrie de demain. Sera-t-elle centralisée? Je ne crois pas. Pour partager le pouvoir en Syrie et parvenir à un accord avec une partie du régime syrien, il faut diviser le pouvoir. La meilleure chose est de diviser les prérogatives entre l’armée, le parlement et le president.»

Une opposition non liée au Golfe

«J’attends plutôt une aide d’autres pays ou d’une partie du régime syrien. Il reste quelques personnes raisonnables qui savent qu’ils ne pourront pas mener le combat éternellement. Ils doivent partager le pouvoir avec des opposants non liés à des monarchies du Golfe. Beaucoup d’opposants sont restés indépendants. J’attends aussi de la Russie de nous aider. Il me semble que la Russie cherche à appliquer un changement progressif et non radical, contrairement à la France de François Hollande, la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis de Barack Obama.»Déclarations d’Emmanuel Macron

«J’interprète ce revirement différemment. Le Président Macron a rencontré une partie des représentants du Haut comité des négociations, soutenu par l’Arabie Saoudite. Une ou deux semaines après, Macron a déclaré « personne ne m’a présenté de remplaçant légitime ». Pour moi, cela veut dire que le HCN n’est pas une alternative crédible. Il n’a, je pense, pas parlé d’Assad lui-même.»

Un dialogue impossible?

«Pour moi, le régime est autiste. Une partie, mais une grande partie des opposants l’est aussi, surtout du côté du Haut comité des négociations (…). Le régime n’est pas crédible, tout comme les opposants: quand ils accusent [concernant les attaques chimiques], cela n’est pas crédible.»Négociations d’Astana

«Je vais créer un groupe pour aider les deux États à appliquer le mémorandum sur l’aide humanitaire et l’éducation.»

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