Turquie : il faut lever l’état d’urgence pour que des élections crédibles aient lieu (Zeid)

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a appelé mercredi le Gouvernement turc à lever immédiatement l’état d’urgence pour permettre à tous ses citoyens de participer à des élections légitimes et crédibles.

« Il est difficile d’imaginer comment des élections crédibles peuvent se dérouler dans un environnement où les opinions dissidentes et les contestations du parti au pouvoir sont pénalisées si sévèrement », a déclaré le Haut-Commissaire.
Zeid Ra’ad Al Hussein a estimé que les restrictions prolongées aux droits de l’homme à la liberté d’expression, de réunion et d’association sont incompatibles avec la conduite d’un processus électoral crédible en Turquie.
Soulignant que ces droits sont particulièrement cruciaux dans le contexte des élections, le Haut-Commissaire a rappelé que le 19 avril dernier, un jour après avoir appelé à des élections législatives et présidentielles anticipées, le gouvernement turc il a annoncé qu’il renouvellerait l’état d’urgence pour la septième fois.
Par un tel renouvellement, le gouvernement suspend ses obligations souscrites en vertu des dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui concernent directement la liberté d’expression, de réunion, d’association et le droit de prendre part à la direction des affaires publiques, a-t-il regretté.

Risque d’incertitude et d’instabilité

Selon le Haut-Commissaire, si les élections étaient tenues dans un environnement où les libertés démocratiques et la primauté du droit sont compromises, cela soulèverait des questions quant à leur légitimité, et entraîneraient plus d’incertitude et d’instabilité.
« Au cours des deux dernières années, l’espace de dissidence en Turquie s’est considérablement réduit, avec au moins 29 journalistes emprisonnés pour des délits terroristes rien que la dernière semaine d’avril », a fait observer le Haut-Commissaire.
Pour Zeid Ra’ad Al Hussein, la présence policière massive et les arrestations lors des manifestations du 1er mai ont montré une fois de plus l’espace strictement limité à la liberté de réunion pacifique dans le pays.
Aussi, le Gouvernement turc doit-il lever immédiatement l’état d’urgence pour permettre à tous ses citoyens de participer pleinement et de manière égale à la gestion des affaires publiques et d’exercer leur droit de vote et d’éligibilité sans restrictions déraisonnables.
news.un.org
Le Conseil National d’Arménie Occidentale appelle les populations vivant en Arménie Occidentale de ne pas participer à ces élections.
Rappelant l’occupation de l’Arménie Occidentale et la situation d’état d’urgence par la Turquie, le Conseil National d’Arménie Occidentale dans un communiqué appel au boycott des élections organisées par la Turquie et contraires au droit international et au droit de l’homme.
Rappelons que, le 29 décembre 1917, le Conseil des Nationalités de l’Union Soviétique a proclamé le droit des Arméniens de l’Arménie turque (Arménie Occidentale) à l’autodétermination jusqu’à leur indépendance, et que depuis le 19 janvier 1920, l’Arménie Occidentale, est un Etat reconnu indépendant de facto à la Conférence de Paris et de jure le 11 mai 1920 à la Conférence de San Remo par le Conseil Suprême des Alliés dont sa frontière avec la Turquie a fait l’objet d’une sentence arbitrale par le Président des Etats -Unis Woodrow Wilson, le 22 novembre 1920, comprenant les provinces de Bitlis, Van, Erzerum et Trebizond, mais non reconnue par les instances onusiennes parce qu’elle est occupée par la Turquie.
Rappelons que, de 1894 à 1923 dans les territoires occupés de l’Arménie Occidentale, la population autochtone arménienne a subi un génocide perpétré par trois gouvernements successifs turcs.
La ville de Karin (Erzerum) est la capitale officielle de l’Arménie Occidentale reconnue par les puissances alliées en 1920.

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