L’Arménie Occidentale et la question de l’Artsakh

WESTERN ARMENIA – Le président arménien Armen Sargsyan s’est rendu du 8 au 9 octobre à Moscou, où il a rencontré le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Sergueï Lavrov, et son adjoint, Grigory Karasin. Auparavant, Sargsyan s’était rendu à New York et à Paris, la capitale des deux autres pays – les coprésidents du groupe de Minsk. Immédiatement après son retour à Erevan, le président arménien s’est rendu à Stepanakert, où il a rencontré le chef de la République de l’Artsakh (Haut-Karabakh) Bako Sahakyan. À cet égard, dans la communauté des experts de Moscou, des rumeurs se sont répandues selon lesquelles Sargsyan conduirait une « diplomatie de navette » fermée liée à de nouvelles options pour un règlement du Karabagh.

Ensuite, dans une interview avec EVN Report, l’ambassadeur des États-Unis en Arménie, Richard Mills a littéralement déclaré ce qui suit: «J’ai été surpris lorsque je suis arrivé ici et que j’ai découvert que la majorité des Arméniens que je rencontrais sont contre le retour des territoires occupés dans le cadre du processus de négociation.

Je suis surpris par le fait qu’il n’y a pratiquement aucune discussion en Arménie concernant des solutions et des compromis acceptables. Pendant de nombreuses années, de l’avis de mon gouvernement, ces territoires ont été saisis pour pouvoir être utilisés plus tard selon la formule «statut en échange de territoires».

Cette déclaration de l’ambassadeur a provoqué un scandale en Arménie.

Nous avons voulu connaître la position de l’Arménie Occidentale sur la question de l’Artsakh et à ce titre nous nous sommes adressés au Président du Conseil National d’Arménie Occidentale Arménag Aprahamian (Vétéran de la guerre d’Artsakh).

Arménag Aprahamian : Tout d’abord, je voulais vous remercier de l’intérêt que vous portez concernant les relations entre l’Arménie Occidentale et l’Artsakh. Mais, pour mieux connaître la position de l’Arménie Occidentale par rapport à la question de l’Artsakh, il nous faut remonter un peu dans l’histoire.

Nous sommes en avril 1920 et durant la Conférence de San Remo se traite de la question du Karabagh, en résumé les Principales Puissances Alliés déclarent que le Karabagh fait partie intégrante de l’Etat arménien de 1920 sur le territoire de l’Arménie Occidentale, lui-même reconnu de facto puis un mois après de jure.

Tout ceci réapparaît au sein de l’article 92 du Traité de Sèvres :

Article 92

Les frontières de l’Arménie avec l’Azerbaïdjan et la Géorgie respectivement seront déterminées d’un commun accord par les États intéressés.

Si, dans l’un ou l’autre cas les États intéressés n’ont pu parvenir, lorsque la décision prévue à l’article 89 sera rendue, à déterminer d’un commun accord leur frontière, celle-ci sera déterminée par les Principales Puissances alliées, auxquelles il appartiendra de pourvoir à son tracé sur place.

A ce titre je voudrais vous rappeler aussi que j’ai ratifié au nom de l’Arménie Occidentale, le Traité de Sèvres le 24 juin 2016, ce qui signifie très clairement que pour l’Arménie Occidentale, il n’y a pas de question territoriale de l’Artsakh, il y a uniquement une question sur la délimitation de la frontière entre notre Etat et l’Azerbaïdjan, en droit international, la question de l’Artsakh, partie intégrante de l’Arménie, est une question qui a été réglée en 1920.

Cependant, les territoires de l’Artsakh concernant la région de Karvadjar et de Latchin ont été libérés par les forces armées composées de volontaires de l’Arménie Occidentale et en particulier de l’Armée de Libération le 1er avril 1993, sous le commandement du Colonel Hovsep Hovsepian. Ce qui signifie que ces territoires peuvent être légitimement des territoires de l’Arménie Occidentale, libérés par le sacrifice des combattants Arméniens y compris d’Arménie Occidentale.

Nous avons bien identifié les différents profils existant au sein de la société arménienne, y compris celui du genre pseudo-intellectuel à Erevan, jouant sur la fibre matérialiste voulant donner en location l’Arménie Occidentale à la Turquie.

Alors, une bonne fois pour toute, l’Arménie Occidentale sera claire sur ce point, ni l’Arménie Occidentale ne fera l’objet de tractation pécuniaire, marchandage ou autres, ni l’Artsakh.

Sur cette question, la Turquie a bien des dettes vis-à-vis de l’Arménie Occidentale et ces dettes augmentent tous les ans. Les dettes de la Turquie ne se marchandent pas.

Les Etats-Unis et l’Europe ont des engagements et responsabilités juridiques bien formalisées dans la question de l’indépendance des territoires arméniens, tout dépendra de la nation arménienne  et de sa détermination à appliquer l’indépendance de l’Arménie Occidentale donc de l’Artsakh, donc de toute l’Arménie.

C’est pour cette raison que des forces en interne téléguidées par certains Etats essayent de diviser la société arménienne afin qu’elle ne puisse pas se concentrer sur l’essentiel de son existence, de sa souveraineté et de son indépendance.

Ces forces veulent diviser non seulement la société arménienne mais aussi les territoires arméniens en faisant croire qu’il y a une échelle de priorité politique, mais en vérité la question de l’Artsakh est liée à la question de l’Arménie Occidentale, en somme la question de l’indépendance de l’Arménie dans son ensemble est indivisible et indissociable de ses réels territoires.

Il faut donc être cohérent, tout individu, et/ou toute structure, mettant en cause et bafouant les droits imprescriptibles de l’Arménie Occidentale et l’indivisibilité de l’Etat d’Arménie et là, je ne parle pas uniquement de la République d’Arménie d’aujourd’hui, fait partie des fossoyeurs de notre nation, ils sont les bras armés de l’extermination systématique de la nation autochtone arménienne, puisqu’à terme nous payons toujours par le sang versé de nos enfants.

Toutefois, je prête, autant, sinon plus d’attention à la voix et à la détermination de la nation arménienne, et en particulier au monde combattant arménien, qu’aux déclarations de certains diplomates ou responsables politiques. J’aimerai que mon message soit justement compris.

C’est simple, nous ne laisserons personne décider à notre place de l’avenir de notre Etat, de notre sécurité nationale, de notre indépendance et de notre souveraineté, nous sommes légitimes et nous le savons, nous avons en mémoire le sacrifice et la souffrance indescriptibles de nos anciens, nous faisons partie de la génération combattante et nous savons bien que notre mission n’est pas arrivée à son terme.

Input your search keywords and press Enter.