KARIN – Depuis plusieurs jours, au sein de la presse turque, il est régulièrement question du Traité de Sèvres et de l’intervention militaire de la Turquie en Libye, nous avons voulu avoir l’analyse du Président Arménag APRAHAMIAN.

Arménag APRAHAMIAN – Depuis la reconnaissance par le Sénat US du génocide des Arméniens de 1915 à 1923 en Arménie Occidentale par les gouvernements successifs turcs, il ne se passe pas une journée où le Traité de Sèvres et son syndrome ne soient pas mis en évidence par le Président Erdogan.

La question est simple, pour quelle raison le Président Erdogan met en exergue dés qu’il en a l’occasion, la question du Traité de Sèvres ?

La réponse est aussi simple, malgré près d’un siècle de fausse propagande à travers la presse, les médias et parfois des personnalités qui se présentent comme « historiennes » pour défendre la thèse turque (y compris dans les communautés arméniennes), le Traité de Sèvres fait force de droit à travers tout le Proche–Orient et en particulier vis-à-vis de la République d’Arménie Occidentale reconnue indépendante par le Conseil Suprême des Puissances Alliées, la Russie et les Etats-Unis.

On voit, par-ci par-là, des allégations concernant le remplacement du Traité de Sèvres par un autre Traité celui de Lausanne, sans pour cela distinguer le fait que les Etats signataires sont différents.

On entend dans les couloirs que le Traité de Sèvres n’aurait pas été ratifié, sans tenir compte du fait, par exemple, que la Sentence arbitrale du Président Woodrow Wilson n’a pu être émise que si le Traité de Sèvres était en vigueur. Il est possible, que le Traité de Sèvres n’a pas été ratifié par toutes les Puissances du Conseil Suprême, alors on peut se poser la question, mais comment a-t-il été appliqué, je citerai comme exemple, tout simplement la question des Mandats.

En fait, il n’a pas été ratifié par toutes les Puissances, mais il a été appliqué par certaines Puissances en fonction des intérêts qui les animent, comme par exemple la question de la Cilicie pour la France ou la question de la Mésopotamie (Irak) pour l’Angleterre, et bien sur de la Libye qui a été constituée sur la base du Traité de Sèvres, ce n’est plus de la réal-politik ou de la grande politique c’est plutôt de la grande hypocrisie.

Alors, les Arméniens dans tout ça, et bien, c’est encore simple, l’Arménie Occidentale a ratifié le 24 juin 2016 le Traité de Sèvres pour lui permettre sa mise en vigueur, et l’exequatur de la Sentence arbitrale, ce qui a permis par exemple au Kurdistan Irak d’organiser un référendum sur son indépendance le 25 septembre 2017, comme il est stipulé dans les articles 63 et 64 du Traité de Sèvres, ou comme dernièrement,  le souhait du Président Erdogan de vouloir intervenir militairement en Libye. C’est ce qu’on appel la stratégie du domino pour les initiés.

Le Président Erdogan, sait très bien qu’il est confronté à une réalité juridique, comme il l’a très bien précisé dernièrement, « aucun pays n’est supérieur au droit international »

Les temps sont proches où tous les Arméniens comprendront, pourquoi, il a été constitué depuis quinze ans un Conseil National d’Arménie Occidentale, un gouvernement et un Parlement qui représentent officiellement les Arméniens d’Arménie Occidentale et qui défendent leurs droits.

Officiellement, depuis quinze ans? Oui, depuis le 17 décembre 2004 !

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