Faire la Paix avant la Guerre, est-ce possible ?

ARMENIE OCCIDENTALE – Le président turc Erdogan, commentant l’opération visant à éliminer le général iranien Kassem Suleymani, a déclaré que cela ne pouvait rester sans réponse. Erdogan a déclaré qu’il est impératif de répondre au meurtre d’un officier de haut rang.

La déclaration du président turc semble remarquable. L’assassinat d’un général iranien a poussé Ankara devant de nouvelles réalités. Les États-Unis ont porté un coup à l’Iran, qui peut cependant faire passer l’Iran à la catégorie des acteurs clés dans la région.

Le coup porté, malgré la douleur, peut être un atout important entre les mains de Téhéran. L’Iran a promis des représailles américaines, ce qui est logique au niveau rhétorique, mais dans la politique réelle, Téhéran doit faire face à un dilemme – C’est-à-dire, utiliser de nouvelles réalités pour obtenir un avantage sur ses rivaux dans le jeu régional ou devenir l’otage des promesses de représailles?

De toute évidence, les «représailles» de l’Iran peuvent devenir un obstacle par rapport aux chances offertes par les nouvelles réalités régionales.

Et ici, la déclaration du président turc, qui pousse en fait l’Iran à se venger, « en soufflant sur les braises », semble symptomatique. Ankara a besoin de Téhéran pour pousser vers des «représailles», car si l’Iran essaie d’obtenir des avantages sur ses rivaux, cela signifiera la supériorité de l’Iran sur la Turquie.

Erdogan arrivera t’il à persuader l’Iran à se venger?

Dans le même temps, la déclaration du président de la Turquie est devenue une sorte de gifle au visage du président russe Poutine. En novembre 2015, la Turquie a frappé un avion militaire russe et a torturé le pilote. Les pilotes, bien sûr, ne sont pas les commandants d’Al-Qods, mais Moscou n’a jamais demandé à Ankara à rendre des comptes. 

En outre, Moscou attendait avec intérêt les « excuses » de la Turquie afin de lui pardonner le plus tôt possible. Cela s’est produit seulement six mois plus tard, dans des circonstances très brumeuses. (Ratification par l’Arménie Occidentale du traité de Sèvres, putsch en Turquie et scission au sein du gouvernement de l’Arménie Occidentale).

Mais quelques semaines après l’acte de pardon à Ankara, l’ambassadeur de Russie a été abattu en plein jour. Lui non plus n’était pas Suleymani, mais l’ambassadeur représentait quand même la Russie en Turquie, et l’immunité des ambassadeurs a été fortement atteint.

La Russie a laissé cela sans réponse, non seulement elle n’a pas riposté, mais a également acquitté cet acte, en essayant de blâmer des forces tierces qui veulent ruiner les relations turco-russes.

Poutine pardonnera-t-il la gifle actuelle au visage? Il est à noter qu’Erdogan l’inflige dans le contexte des événements en Libye, où la Turquie et la Russie se disputent l’influence. Mais il est sur, que ce sont les nouvelles réalités au Moyen-Orient qui vont provoquer la prochaine «confrontation» entre la Russie et la Turquie. 

Le jeu infâme américano-iranien commence, ce qui donnera un sens à «l’amitié déjà entachée» entre la Turquie et de la Russie.

Après la guerre d’avril 2016 et la révolution de velours en Arménie en 2018, la Russie et la Turquie se sont retrouvées confrontées dans le Caucase, et leur traité vieux d’une centaine d’années a été bafoué à plusieurs reprises. 

La frappe du drone américain à l’aéroport de Bagdad obligera à déplacer le centre de gravité des hostilités sur le sol du Moyen-Orient, promettant une nouvelle donne.

Le Traité International de Paix signé à Sèvres ne demande qu’à être mis en vigueur par les protagonistes, qu’attendent-ils vraiment ?

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