Sur le front Ouest – Jusque-là, la Légion d’Orient n’avait été utilisée que pour exécuter des incursions sur les côtes turques, pour détruire les voies de communication et pour assurer les garnisons des petites iles de Castellorizo et de Rouad.

Le 01 mars 1917, un peloton d’infanterie composé d’Arméniens fut envoyé à Castellorizo, petite ile située au sud de la Turquie. Le 7 janvier 1918, la garnison syrienne de Rouad, ile située en face des côtes syriennes fut remplacée par une section arménienne.

En mai 1918, les 2 premiers bataillons furent transportés en Egypte, au camp de Ferry-Post, près d’Ismaïlia, tandis que le 3éme bataillon et les compagnies de dépôt sous les ordres du commandant Chesnet restèrent à Chypre.

Le 28 mai 1918 — En Palestine, les troupes britanniques, dans la zone centrale, avancent leur ligne sur une profondeur de 3 kilomètres et demi et sur une largeur de 8 kilomètres, au sud-ouest de Tabsor ; elles s’emparent de deux postes turcs et repoussent plusieurs contre attaques.

Du 10 au 13 juillet, la Légion d’Orient rejoignit le détachement français à Medjel (Palestine), en arrière du front britannique. Le général Allenby, après des manœuvres combinées, décida l’entrée en ligne du Détachement Français de Palestine-Syrie (D.F.P.S.), fort de 5000 hommes, qui sera sous le commandement du colonel De Piepape.

Au cours de l’été 1918, le général Allenby, à la tête du Corps expéditionnaire, décida de reprendre l’offensive en Palestine. Le 31 aout 1918, le D.F.P.S. entra en action dans la région de Rafat, en Palestine, et ensuite libéra la Cilicie pour devenir le 1er février 1919 une Légion arménienne.

Sur le front Est – Six mois après la reconnaissance par la Russie de l’indépendance de l’Arménie Occidentale, le parti Dashnakzutyun basé à Tbilissi déclara le 30 mai 1918, le texte suivant :

DÉCLARATION

« En ce qui concerne la nouvelle situation politique dans le Caucase et la déclaration d’indépendance de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan, le Conseil national arménien se déclare l’autorité suprême et unique des provinces arméniennes. Pour de graves raisons, laissant la formation d’un gouvernement national arménien à un avenir proche, le Conseil national assume temporairement toutes les fonctions du gouvernement pour diriger les affaires politiques et administratives des provinces arméniennes. »

Conseil national arménien – 1918, 30 mai, Tbilissi (Géorgie)

Effectivement, la République d’Arménie qui a célébré le 21 septembre 2019, l’anniversaire de ces 28 printemps, a officiellement célébré la dite-victoire de Sardarabad ce 28 mai 2020, en mémoire aux héros tombés durant cette bataille.

Mais presque toutes les années au même moment, vient s’infiltrer dans cette cérémonie une autre cérémonie (un train peut en cacher un autre) prétendument commémorant le 102ième anniversaire de la déclaration de souveraineté sur certaines régions arméniennes (du Caucase) de 1918 à 1919. Cette dite cérémonie ne fait pas l’objet d’une célébration d’Etat.

Mais à cela, nous devons immédiatement rappeler que ce sera sous le titre « les régions arméniennes » (haygagan gavarner) et non « République d’Arménie » contrairement à la propagande que cette déclaration a été signée à partir de Tbilissi, le 30 mai 1918 et non le 28 mai 1918 (date de la déclaration d’indépendance de la République démocratique d’Azerbaïdjan reconnue par la Turquie).

Sur le plan historico-juridique, l’erreur s’accentue quand il est question de prétendre que la « République arménienne » était la première république sachant très bien aujourd’hui que le premier Etat reconnu indépendant fut l’Arménie Occidentale (Arménie turque) le 11 janvier 1918 par la Russie (décret russe) et non « la République arménienne du Caucase ».

http://www.western-armenia.eu/news/Actualite/2018/Histoire_du_Decret_russe_sur_l_Armenie_turque-12.01.2018.pdf

Aussi, la « République arménienne de 1918 » reconnue par aucun Etat en dehors de la Turquie (Jeune-turc), l’Azerbaïdjan et la Géorgie, a été déclarée par les membres du Parti Dashnakzutyun au détriment de l’Etat d’Arménie Occidentale qui subissait l’occupation de l’Armée turque en guerre contre la Triple-Entente et alors que les troupes arméniennes de la Légion d’Orient étaient en train de libérer le Proche-Orient et la Cilicie mettant à genoux l’armée turque, rappelant que trois mois avant, les troupes du Général Antranig Ozanian avaient subi une défaite à Erzeroum, faute de soutien du Conseil national arménien de Tbilissi.

Pourtant, ce sera cinq jours après la déclaration du 30 mai 1918 du Conseil national arménien à Tbilissi en Géorgie, qu’une délégation composée d’Alexander Khatisyan, d’Hovhannes Kajaznuni et de Mikael Papajanyan du parti Dashnakzutyun le 4 juin 1918, (une semaine après la victoire de Sardarabad), en déplacement à Batoum négociaient avec la Turquie les frontières d’une République arménienne du Caucase de 12.800 km2 abandonnant à l’Azerbaïdjan les régions du Zanguezour, du Karabagh, de Lori et la moitié du lac Sevan. L’illicite Traité de Batoum  fut signé par la délégation du parti Dashnakzutyun le 4 juin 1918, en complet désaccord avec le général Antranig Ozanian qui au même moment poursuivait le combat avec ses troupes pour libérer le Zanguezour pour atteindre l’Artsakh au moment de l’armistice de Moudros du 30 octobre 1918.

Depuis ce jour du 4 juin 1918, ces régions du Zanguezour, du Karabagh, et la moitié du lac Sevan sont revendiquées par l’Azerbaïdjan.

Le 26 février 1919, deux délégations arméniennes se présentèrent devant le Conseil Suprême des Alliées à la Conférence de Paris, une (celle de l’Arménie Occidentale et de la Cilicie) qui combattait encore la Turquie même après l’armistice de Moudros, et l’autre (celle du parti Dashnakzutyun, représentant une République autoproclamée arménienne du Caucase) qui avait signé un traité d’amitié avec la Turquie.

Որոնք են Ատրպէյջանի սահմանները

“Կրակով խաղալու պրատադրանքը՝ կ՛աւարտուի այրուելով” (1)

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