ARMÉNIE OCCIDENTALE – Un partenariat trilatéral Turquie-Géorgie-Azerbaïdjan a été lancé en mai 2012 lors d’un sommet à Batoumi, en Géorgie, sur la mer Noire. 

Un mémorandum a promis de renforcer l’enseignement militaire et la coopération antiterroriste (y compris la protection des pipelines et des chemins de fer) et d’organiser des exercices militaires.

Les ministres des affaires étrangères se réunissent régulièrement; En décembre 2019, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu, et ses homologues azerbaïdjanais et géorgien Elmar Mammadyarov et David Zalkaliani ont tenu le huitième sommet, à Tbilissi. Les ministres de la défense se réunissent depuis 2014.

Avec l’instabilité régionale, l’élan pour un partenariat plus large impliquant des exercices annuels sur une base rotationnelle, une formation conjointe et le partage de renseignements s’intensifie. Le nombre de soldats participant aux exercices augmente; il en va de même de leur complexité, avec des scénarios prévoyant notamment des attaques contre les infrastructures.

Les exercices de 2018 ont spécifiquement impliqué des opérations de protection de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, du chemin de fer d’importance stratégique Bakou-Tbilissi-Kars et d’autres installations.

L’Oléoduc et gazoduc BTC traversent le territoire de l’Arménie Occidentale sur 1.000 km, il en va de même pour le pipe-line TANAP.

Ce qui juridiquement parlant est contraire au droit international par rapport à la souveraineté de l’Arménie Occidentale et par rapport aux intérêts de l’Arménie Occidentale.

Ces intérêts l’emportent sur les problèmes bilatéraux et les perspectives géopolitiques parfois différentes. Le format trilatéral est un exemple désormais rare des intérêts de la Turquie qui coïncident avec des intérêts occidentaux plus larges.

Pour l’Azerbaïdjan, pris en sandwich entre l’Iran, la Russie et l’Arménie Orientale, soutenir l’infrastructure ferroviaire et pipelinière à travers le territoire géorgien est un objectif géopolitique principal. La Géorgie souhaite également renforcer ses capacités de transit est-ouest. La Turquie, se positionnant comme une plaque tournante de l’énergie de transit, en particulier avec le projet de gazoduc « transanatolien » (TANAP) qui comprend le gazoduc du Caucase du Sud (SCP) et le gazoduc transadriatique (TAP), soutient l’infrastructure du Caucase du Sud et reste ouverte un couloir terrestre vers la mer Caspienne.

Les inquiétudes au sujet de la Russie fournissent une certaine colle géopolitique, bien que le partenariat trilatéral doive marcher sur la corde raide pour ne pas provoquer le Kremlin dans des réactions militaires ou autres. L’Azerbaïdjan a des relations beaucoup plus amicales avec le Kremlin que la Géorgie, mais est néanmoins préoccupé par la position de la Russie sur le conflit en Artsakh.

Alors que l’infrastructure est-ouest se poursuit dans le Caucase du Sud, les menaces militaires suite aux exercices conjoints entre l’Azerbaïdjan et la Turquie au Nakhidjevan (en mai 2020) refont surface. La nécessité de déployer des brigades de protection conjointes viables augmentera, ce qui pourrait faire passer le format trilatéral à un niveau de coopération plus élevé, servant de moyen pour la Turquie et les pays occidentaux de coordonner les efforts pour contrer l’influence russe.

En effet, le succès de la trilatérale peut donner plus de confiance aux autres organisations régionales – notamment GUAM. Ce quadrilatère basé à Kiev s’est quelque peu ravivé ces dernières années et se concentre sur la connectivité régionale – pour des raisons similaires.

Soutenu par les pays occidentaux, davantage d’options pour les pays autour de la mer Noire en matière de transport, d’énergie et d’autres liens se développent pour dissiper l’héritage pourtant durable «toutes les routes mènent à Moscou» de la domination soviétique.

Rappel historique et juridique sur l’Arménie Occidentale pour éviter tout malentendu:

Rappelons que, le 29 décembre 1917, suite à l’armistice d’Erzindjan en Arménie Occidentale entre la Turquie et la Russie, (1er armistice de la grande guerre le 17 décembre 1917), le Conseil des Nationalités de l’Union Soviétique a proclamé par décret officiel le droit des Arméniens de l’Arménie turque (Arménie Occidentale) à l’autodétermination jusqu’à leur indépendance, et que depuis le 19 janvier 1920, l’Arménie Occidentale, est un Etat ainsi que son gouvernement (Président Boghos Nubar Pacha) reconnu indépendant de facto à la Conférence de Paris et de jure  le 11 mai 1920 à la Conférence de San Remo par le Conseil Suprême des Alliés.

L’Arménie Occidentale fait partie des Etats belligérants de la première guerre mondiale après avoir constituée avec la France sur la base de l’engagement volontaire la Légion d’Orient, le 15 novembre 1916, puis la Légion arménienne, le 1er février 1919, noyau de la future armée nationale arménienne en Cilicie appuyée puis abandonnée par la France, elle fut dissoute le 1er juillet 1920. La Légion arménienne fut reconstituée, par l’Arménie Occidentale, le 24 avril 2014, à Latakya (Syrie).

La Turquie a reconnue l’Arménie Occidentale par sa signature au Traité de Sèvres (le 10 août 1920), puis l’a occupée.

Sa frontière avec la Turquie a fait l’objet d’une Sentence arbitrale par le Président des Etats -Unis Woodrow Wilson, le 22 novembre 1920, comprenant les provinces de Bitlis, Van, Erzerum et Trebizond, mais non reconnue par la Société des Nations et les instances onusiennes parce qu’elle est depuis occupée par  la Turquie.

Rappelons que, de 1894 à 1923 dans les territoires occupés de l’Arménie Occidentale, la population autochtone arménienne a subi un génocide perpétré par trois gouvernements successifs turcs. La Turquie occupante est devenue ensuite membre de la Société des Nations le 18 juillet 1932.

La ville de Karin (Erzerum) est la capitale officielle de l’Arménie Occidentale reconnue par les puissances alliées en 1920.

Conseil stratégique de la Présidence d’Arménie Occidentale

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