La maire de Paris, Anne Hidalgo, s’était déjà prononcée en novembre dernier en faveur de l’affirmation du statut indépendant du Haut-Karabagh.

Anne Hidalgo, maire de Paris a annoncé sur Twitter, que « La France peut reconnaître l’indépendance du Haut-Karabagh ». Citant l’un des publicistes les plus célèbres de France, Bernard-Henri Lévy.

« Je suis tout à fait d’accord avec Lévy : la France peut reconnaître le Karabagh », a souligné Hidalgo.

De plus, à l’automne 2020, l’Assemblée nationale (chambre basse du parlement) et le Sénat (chambre haute du parlement) de France ont adopté des résolutions appelant le gouvernement du pays à reconnaître l’indépendance du Haut-Karabagh.

Levy s’exprime régulièrement dans les principales publications et émissions de télévision en France sur les problèmes sociaux du pays, ainsi que sur l’antisémitisme. Un autre sujet qu’il considère important est d’aider les chrétiens au Moyen-Orient et dans le monde.

Comme l’a noté Levy, à l’époque où les cendres de l’écrivain français Maurice Genevois (un vétéran de la Première Guerre mondiale, l’un des écrivains humanistes et antifascistes les plus célèbres) ont été enterrées au Panthéon, le Karabagh arménien était en enfer, sous bombardements incessants de militants syriens embauchés par l’Azerbaïdjan…

« Pourquoi gardons-nous le souvenir des victimes de la Première Guerre mondiale, si maintenant, après cent ans, nous sommes toujours sourds et aveugles ? Levy (ici il a comparé la propagande d’Aliyev à Radio Mille Collines, principal instrument de propagande du génocide au Rwanda).

Selon lui, le but de l’impérialisme turc est d’étendre son espace de vie en Méditerranée, dans les Balkans, dans le Caucase et au-delà (en parlant d’espace de vie, Levi a utilisé le mot Lebensraum, qui était utilisé par les nazis).

« Il doit y avoir au moins un pays qui reconnaîtrait la République blessée d’Artsakh. Après tout, la Société des Nations a autrefois déterminé le statut de « ville libre » pour Dantzig, comme l’ONU l’a fait pour Trieste après la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi ne pas faire de même pour le Haut-Karabagh, ne pas déclarer Stépanakert et Chouchi telles villes libres ? La France et l’Union européenne dans son ensemble montreraient ainsi la priorité de leurs valeurs sur leurs intérêts personnels », a-t-il déclaré.

En réponse à ces déclarations, le Président Arménag Aprahamian, n’hésite pas à rappeler que la France a déjà reconnu l’indépendance d’une Arménie (de facto, le 19 janvier 1920) suite au génocide des Arméniens à partir du territoire de l’Arménie Occidentale et comprenant le Karabagh durant la Conférence de San Remo en avril 1920 (puis de jure le 11 mai 1920). « Ce que je demande à la France c’est d’aller au bout de ses engagements, c’est-à-dire après avoir reconnu à maintes reprises (24 mai 1915, 18 janvier 2001) la réalité d’un crime de génocide sur la population arménienne en Arménie Occidentale, de ratifier le traité international de paix qui a été signé à Sèvres le 10 août 1920 ».

Rappelons également que ce traité de paix a déjà été appliqué par la France sans avoir été ratifié par la France en obtenant entre autre, un mandat sur la Cilicie.

La reconnaissance de l’indépendance de l’Artsakh détaché de la République d’Arménie de 1920, reviendrait à reconnaître la validité les traités illicites de Moscou et de Kars de 1921, officialisant le partage de l’Arménie de 1920 entre les Kémalistes et les Bolchéviques.

Les Arméniens du monde entier y compris les Arméniens vivants en France, citoyens de l’Arménie Occidentale, face à des choix politico-juridiques décisifs pour l’avenir de l’Arménie Occidentale et de l’Artsakh pourront être sollicités le moment venu si nécessaire afin de participer à un référendum national, c’est la seule voie démocratique possible pour empêcher la falsification de leurs droits légitimes.

“Le corps électoral ayant voté lors des élections législatives extraordinaires en République d’Arménie en juin 2021, n’est pas légitime pour décider de l’avenir à la place des Arméniens d’Arménie Occidentale et d’Artsakh”, souligne le Président Arménag Aprahamian.