Alors que j’écris ces mots, je me trouve en Arménie où des combats violents ont eu lieu le 17 novembre dernier, pour une mission humanitaire et spirituelle. 

Depuis le début de mon voyage, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup personnes notamment plusieurs communautés d’églises qui accomplissent une œuvre remarquable de soutien social, moral et spirituel envers les plus démunis.

J’ai aussi fait la connaissance de nombreuses familles en difficulté, tout spécialement celles qui ont été déplacées du Artsakh , suite à la guerre imposée par l’Azerbaïdjan en 2020. J’ai rencontré ces familles déplacées dans le Suynik, au Sud-Est de l’Arménie, en visitant des villages frontaliers avec l’Azerbaïdjan.

Des combats violents ont eu lieu le 17 novembre dernier. Les azéris ont franchi la frontière illégalement et occupent encore une partie du territoire arménien tout près du village d’Ichkhanassar. Les combats ont été d’une telle violence que tous les enfants du village ont été déplacés dans des lieux sécurisés tel la ville de Sissian où se trouve une antenne de l’association humanitaire chrétienne « Espoir pour l’Arménie ». Lors des discussions avec les adultes et les enfants (revenus depuis au village) nous avons ressenti leur peur et l’ambiance d’insécurité générale. Pendant ces visites, en plus du contact et du réconfort humain, une aide financière a été apportée aux familles.

L’Arménie est aujourd’hui très fragilisée. La guerre de l’année dernier a causé d’immenses dégâts : des milliers de morts et des blessés graves. Sans compter les pertes de territoires au Karabagh et les dizaines de milliers de réfugiés et déplacés recueillis en Arménie. À cela, il faut ajouter l’instabilité politique à l’intérieur du pays et l’insécurité aux frontières. Par cette guerre de l’automne 2020, l’Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie, a fait preuve d’une inhumanité sans précédent. Malheureusement, les arméniens d’Arménie et du Karabagh se sont retrouvés seuls, abandonnés de tous et tout particulièrement par l’Occident. Cette Arménie, première nation chrétienne au monde, a de nouveau subi le martyre.

Déjà, en 1915, les autorités turques avaient organisé et perpétré contre les arméniens le premier génocide du 20ème siècle. L’Arménie est à nouveau en danger aujourd’hui. Demain, il sera peut-être trop tard.

Merci à toutes celles et tous ceux qui, en France comme en Europe, se mobilisent pour l’Arménie, pour ses enfants et leurs familles.

Pasteur René Léonian