Malheureusement, notre géographie a connu de nombreux massacres depuis des centaines d’années. Chaque personne vivant dans cette géographie a été soumise à la torture, à la douleur, à la mort et à la persécution. En tant que successeurs de ceux qui ont vécu sur ces terres pétries de douleur et de persécution, nous luttons pour faire face à tous ces massacres et génocides.

Notre travail est difficile et notre chemin est difficile. Notre travail est difficile car l’infrastructure a été préparée avant que ce massacre ait lieu. Ils nous ont fait croire que nous n’étions pas nous. Nous n’étions plus arméniens. Nous étions sunnites, alévis, kurdes ; nous pouvions nous en tenir à cela. Nous devons maintenant allumer une étincelle et rappeler aux anciens peuples autochtones de ces terres qui ils sont.

Notre chemin est difficile

Mais ce parlement suit le chemin de Boghos Nubar Pacha et de ses amis avec raison, logique et de très bonnes relations diplomatiques. Ce parlement va patiemment mener son combat et va sûrement coincer quelqu’un.

Maintenant, levez vos mains……

Ceux qui nous ont infligé la mort, la persécution et le massacre sur ces terres ne le savaient pas. Ils ne savaient pas qu’un jour nous les coincerions pour les confronter à ce qu’ils ont fait.

Ils ne savaient pas que nous laisserions des œillets dans les endroits où ils nous ont massacrés. Ils ne savaient pas que nous écririons des chansons folkloriques et des complaintes pour leur faire oublier ce qui s’est passé.

Ils ne savaient pas que ce qu’ils faisaient ferait l’objet de romans et d’histoires, un par un.

Ils pensaient que nous avions disparu ; mais ils ne savaient pas que nous allions installer des tables amicales dans la vallée de Pulumur  à Munzur.

Ils ne savaient pas que nous allions crier nos chansons folkloriques sur la Montagne Blanche.

Ils ne savaient pas que nous allions marcher à Munzur.

Ils ne savaient pas que nous allions cueillir des champignons sur le mont Yel.

Ils ne savaient pas que nous serions bergers sur leurs plateaux, que nos cultures pousseraient dans leurs champs.

Ils ne savaient pas que nous protégerions leurs vallées contre les barrages et leurs montagnes contre les mines.

Ils ne savaient pas que nous protégerions nos saints, ours, loups, oiseaux, serpents, lapins, lynx contre les chasseurs.

Mais maintenant, ils devraient savoir ;

que nous sommes du côté de l’opprimé contre l’oppresseur. Et nous voilà au milieu de la lutte.