30 octobre 2022 Antibes

C’est dans la cadre du 104ième anniversaire de la signature de l’armistice de Moudros du 30 octobre 1918, que les Etats généraux des Anciens Combattants Arméniens se sont tenus à la Maison du Combattant d’Antibes. Une date d’autant plus symbolique puisque dans le prolongement de cet Armistice fut signé le Traité de Sèvres consacrant les droits des Arméniens sur leur terre ancestrale.

C’est sous la Présidence conjointe de M. Vrej Aprahamian, Président de l’ANACAS (Association Nationale des Anciens Combattants Arméniens et Sympathisants), de M. Jean Ghazarossian Président de l’AACRFOA (Association des anciens combattants et résistants d’ origine arménienne ) et sous la Présidence d’honneur de M. Arménag Aprahamian, Président du Conseil National d’Arménie Occidentale qui s’est tenu cet évènement inédit dans le mode des Anciens Combattants Arméniens désireux de porter et perpétuer le souvenir des fils de l’Arménie tombés sur le champ d’honneur.

Etaient invités entre autres à ces Etats généraux, l’Association Nationale des Anciens Combattants et Résistants Français d’Origine Arménienne (Paris) sous la présidence de M. Antoine Bagdikian (absent excusé), L’Association des Anciens Combattants Français d’origine arménienne (ACFOA) (Valence) sous la Présidence de M. Georges Eretzian (absent), l’Association des Anciens Combattants et Résistants Français d’Origine Arménienne (Marseille) sous la Présidence de Simon Azilazian (absent).

L’objectif de ces Etats généraux des Anciens Combattants Arméniens en France était d’avoir dans un premier temps :

  1. Une image précise de la situation de nos associations et de pouvoir trouver des solutions dans le cadre de la participation aux cérémonies patriotiques et commémoratives, de rendre hommage à nos morts et à nos combattants, en somme de poursuivre le devoir de mémoire pour les prochaines années.
  2. De pouvoir officiellement intégrer au sein de nos associations patriotiques les anciens de l’Artsakh, comme successeurs de l’engagement des combattants dans la défense des libertés.
  3. De former un réseau patriotique tant en France qu’en Europe en général, afin de poursuivre l’engagement et le travail fondés par nos pairs.
  4. De former nos futurs portes drapeaux afin de maintenir notre présence au sein des cérémonies sur le territoire français.
  5. D’honorer la mémoire de nos combattants morts sur le champ d’honneur depuis la Légion d’Orient jusqu’à la guerre en Artsakh, en portant haut les couleurs de l’Arménie Occidentale et de l’Arménie Orientale.

M. Ghazarossian rappela comment les fils de l’Arménie Occidentale furent aux côtés de la France lors de tous les conflits où elle fut engagée dans le monde dans l’histoire contemporaine.

De 1914-1918 où les Arméniens s’engagèrent comme volontaires en grand nombre sous drapeau français sur plusieurs fronts et en particulier le front de l’Orient (Cilicie). De 1939 à 1945 où les Arméniens s’engagèrent à nouveau volontairement dans l’armée française et dans la Résistance.

Le plus connu d’entre-eux, M. Missak Manouchian natif d’Adiyaman en Arménie Occidentale sera fusillé au Mont Valérien le 21 février 1944. M. Ghazarossian qui fut présent dès 1995 date de la création de l’association rendit hommage aux deux anciens Présidents fondateurs de l’Association à savoir M. Paul Haronian, et M. Albert Juenbekdjian, résistants, tous deux décorés de la Légion d’honneur.

M. Vrej Aprahamian remercia l’ensemble des Mairies et Associations de portes drapeaux dans le cadre de leur action mutuelle au cours des différentes cérémonies patriotiques et souligna l’importance d’honorer et perpétuer en toutes circonstances la mémoire des Combattants Arméniens et de soutenir et de participer à la protection des droits des Arméniens d’Arménie Occidentale.

Mme Lydia Margossian, Vice-Présidente de l’ANACAS et Ministre des Affaires Etrangères de la République d’Arménie Occidentale indiqua que les enfants de la nation arménienne étaient conscients du prix de la liberté et des sacrifices consentis pour l’obtenir au regard de ses 500 000 fils tombés pour la liberté durant les deux guerres mondiales et que c’était dans ce même élan de respect de l’égalité des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes qu’ils s’étaient battus pour qu’après avoir libéré ces peuples, ils voulurent aussi réaliser cet idéal pour eux-mêmes, celui de la reconstitution de leur foyer national. Que ces enfants étaient aussi conscients que pour exister en tant qu’eux-mêmes, ses fils engagés actuellement sur le front menaient le combat en Artsakh.

Mme Margossian ajouta que se tenir au côté de l’Arménie c’était soutenir le paquet juridique obtenu il y a plus de 100 ans qui consacra la reconnaissance de l’Etat arménien de 1920 dont l’Arménie Occidentale est l’Etat continuateur.

M. Suren Shahumian, Vice-Ministre de la Défense de la République d’Arménie Occidentale précisa dans son allocution que l’état de guerre permanent affectant l’Arménie et dans le mesure où les combats se poursuivaient, il n’existait pas dans le vocable le terme de vétérans mais de combattants de la liberté.

M. Gérald Lacoste, Conseiller municipal de la ville d’Antibes rappela son rôle dans la mission diplomatique du groupe de Minsk et l’importance de soutenir l’Arménie dans le combat des valeurs et de la civilisation.

M. Arménag Aprahamian, Président du Conseil National d’Arménie Occidentale expliqua en quoi le devoir de mémoire était d’une importance capitale pour un Etat et qu’en son absence, l’Etat ne pouvait ni fonctionner ni exister. M. Aprahamian souligna qu’il était fondamental de rappeler que la participation des Arméniens était une participation à l’Etat y compris à l’Etat français dans son fonctionnement et son existence. Dans le prolongement de ce développement, M. Aprahamian étaya en quoi l’Etat artificiel qu’était l’Azerbaïdjan se devait de conduire des guerres pour rassembler sa population afin de constituer une histoire et également commémorer ses morts.

La réunion se poursuivit par la remise de distinctions militaires et civiles attribuées à des personnalités ayant servis l’Arménie et parmi elles, M. le Colonel Bernard Jannin, M. Fahrad Nazaretian, Député de la République d’Arménie Occidentale, M. Razmig Khatchatrian Député de la République d’Arménie Occidentale, M. Serge Donzey, Président des Porte-drapeaux, Mme Lydia Margossian, Ministre des Affaires Etrangères de la République d’Arménie Occidentale.

Après les échanges les décisions suivantes ont été prises :

  1. De mettre en place une représentation officielle de l’ANACAS sur Nice.
  2. De mettre en place une représentation officielle de l’ANACAS sur Marseille,
  3. De renforcer notre présence sur Paris au coté du Président Antoine Bagdikian,
  4. De renforcer la représentation officielle de l’ANACAS déjà existante sur Lyon,
  5. De répondre dans les meilleurs délais aux demandes faites par des membres de la Rochelle, de Béziers, de Grenoble, de Strasbourg concernant les actions à mener.
  6.  De se tenir aux cotés des structures de formation de secours d’urgence en Arménie Orientale et en Artsakh.

La réunion se clôtura par le recueil des doléances de ses Etats-Généraux et la mise en perspective de l’action future y afférent.