Il est fort possible que cet article soit l’une de mes dernières réflexions qui m’engage sur un sujet qui m’a torturé pendant plus de cinquante ans en cherchant des explications aux racines de mon sang.

La diaspora : Que représente la diaspora pour moi ?

Je la décrirais comme un refuge obligatoire dans d’autres terres, parmi d’autres frères et sœurs, en essayant de préserver, contre vents et marées, sa propre identité qui a disparu au fil du temps. Maintenir ses traditions, préserver sa langue, sa culture et sa religion. En réalité, ce qu’ils essaient de faire, c’est de maintenir dans le formol une vérité qui n’est rien de plus qu’un bibelot historique jeté dans les mers de l’oubli. Toutes ces institutions dites arméniennes, leurs églises, leurs lieux de rencontre, leurs centaines de milliers de frères et sœurs qui croient défendre leur identité arménienne d’une manière ou d’une autre, savent pertinemment qu’ils s’appuient sur une réalité qui n’a aucun fondement.

La diaspora, mélange d’exilés, de réfugiés et de naufragés, n’est pas une colonie qui a quitté sa nation pour s’installer et profiter de terres étrangères en sachant que sa patrie n’est pas en danger. Notre cas est très différent. Vous êtes français, allemand ou russe parce que vous avez des documents qui vous reconnaissent comme tel. Vous ne pouvez pas vous considérer comme le citoyen d’une nation inexistante et nous verrons. Vous ne pouvez pas prétendre faire partie d’un monde qui a été laissé de côté.

En tant que membre de la société humaine, on doit avoir un prénom, un nom de famille et l’un ou l’autre document d’identité qui donne la citoyenneté. La conduite, l’honnêteté, l’éthique, la fraternité, la solidarité, la reconnaissance de l’hospitalité ne sont que des ingrédients préliminaires, ils ne sauvent pas l’apatride.

Aujourd’hui, les Arméniens en exil, je veux dire la diaspora, ont la possibilité de retrouver leurs racines, leurs villes natales et leurs origines ; ils ont la possibilité de retrouver leurs droits internationaux en faisant appel aux lois qui nous donnent une légitimité.

Moi, par exemple, j’ai rejoint et j’ai l’honneur de détenir une carte d’identité qui me reconnaît comme citoyen de la République d’Arménie occidentale, une Arménie qui englobe toute notre nation arménienne, y compris ses terres usurpées dans les griffes de l’ennemi. Une carte d’identité qui me marque en tant qu’Arménien. Je ne suis plus une plume de faucon flottant dans l’air. J’appartiens déjà à mes racines. Je sais qui je suis. Je ne suis pas apatride. Et c’est à cela que je veux en venir :

Tous mes frères de la diaspora en exil ont aujourd’hui la possibilité de se réconcilier avec leur passé, sans que cela leur enlève le droit à d’autres citoyennetés.

Vous pouvez vous demander : qu’en est-il de l’Arménie d’Erevan ? 

 L’Arménie d’Erevan est une partie indispensable de l’Arménie occidentale.

Pensez-y. C’est à vous de décider : appartenir à l’Arménie occidentale ou attendre un Père Noël qui ne viendra jamais. Vivre dans l’anonymat ou se réapproprier ses racines et son histoire dans le cadre de notre Hayastan millénaire.

Ensemble nous aurons les moyens, les droits légaux sont à notre portée, les traités signés par l’ensemble du monde civilisé restent actifs pour qu’aujourd’hui nos cerveaux du monde entier nous défendent à l’ONU.

Respectueusement

Raymond Rupén Berberian

Honoré d’être un citoyen de mes racines.