Le discours de Mme Lydia Margossian, ministre des Affaires étrangères de la République d’Arménie Occidentale

Père Goossan Aljanian

Monsieur le Président de l’Arménie Occidentale, Arménag Aprahamian

Monsieur le Consul Général Vartan Sirmakes,

Mesdames et Messieurs les Députés de l’Arménie Occidentale

Chers compatriotes et amis,

Nous sommes rassemblés à cette cérémonie de commémoration à Genève en mémoire aux deux millions de victimes du génocide des Arméniens perpétré par trois gouvernements turcs successifs.

Cette mémoire est d’autant plus d’actualité que le programme d’anéantissement de la nation arménienne ayant débuté en 1894 et s’étalant sur une période de 30 ans jusqu’en 1923 dans sa phase culminante, n’a jamais cessé et se poursuit par phases successives.

C’est ainsi que des plans d’exécution des populations arméniennes sur le territoire autochtone des Arméniens sont planifiés.

En 2020, la guerre d’agression menées par les forces armées turco-azéries contre la population arménienne en Artsakh fit 5000 morts et 10 000 handicapés.

Aujourd’hui, nous assistons à des incursions et invasions en territoire même de la République d’Arménie Orientale où les forces militaires turco-azéries sont maintenant installées et contrôlent des zones stratégiques du territoire.

Nous assistons aussi à l’étranglement de 120 000 arméniens d’Artsakh encerclés et ne pouvant emprunter les voix d’accès les reliant à la République d’Arménie Orientale pour leurs besoins vitaux.

Je veux saluer ici le courage de M. Laurent Wauquiez, Président de la région Rhône-Alpes qui s’est rendu sur place et qui a courageusement dénoncé la situation humanitaire en cours appelant la France et l’Europe à agir.

Je veux rappeler que la France par l’engagement de ses personnalités illustres a toujours été du côté des droits des Arméniens.

Mais nous sommes devant une profonde incompréhension lorsque M. Emmanuel Macron décida par la circulaire du 24 juin 2018 d’annuler les chartes d’amitié conclues entre les villes françaises et les villes de l’Artsakh. Le motif invoqué prétendait que les collectivités territoriales ne pouvaient se lier sous quelque forme que ce soit, à des autorités locales étrangères établies dans un cadre institutionnel non reconnu par la France ».

Or la France a reconnu l’Arménie de 1920 qui comprenait l’Artsakh.

L’annulation de ces chartes par le tribunal administratif est d’une extrême gravité car cette circulaire a constitué en réalité un signal envoyé à l’attention de l’Azerbaïdjan donnant un feu vert soi-disant juridique sans fondement au lancement de sa guerre d’agression.

Je veux aujourd’hui dire aux Maires de France qui se sont opposés à cette circulaire que vous avez eu raison de vous y opposer car la reconnaissance nationale et le droit international est de votre côté.

Je veux saluer le courage de Monsieur Jean-Paul Bret qui s’est opposé à annuler la charte conclue en 2015 entre les villes de Villeurbanne dont il était le Maire et de Chouchi, qui par courrier adressé au Ministre des Affaires étrangères M. Le Drian a affirmé qu’en tout temps, c’était pourtant l’amitié qui, par le rapprochement des peuples, avait permis à la France de mener de grandes batailles pour les droits de l’Homme et d’imposer sur la scène internationale son combat pour la liberté; et que l’’injonction faite aux maires — ainsi qu’à leurs conseils municipaux — et la saisine des tribunaux rompaient avec une tradition de subtils équilibres.»

Après les massacres de Chouchi en 1920, l’Azerbaidjan poursuit aujourd’hui sa politique de nettoyage ethnique des populations arméniennes des régions de Chahoumian , de Karvadjar, de Kachatar, de la région de Khapan et envisage de poursuivre ses crimes contre l’humanité en direction des populations arméniennes du Synuik.

La barbarie de ces forces criminelles est maintenant une réalité aux portes de l’Europe. Une réalité par le fait même que le génocide des Arméniens a non seulement fait l’objet d’aucune réparation mais aussi du fait même que les entités criminelles que sont la Turquie et l’Azerbaïdjan n’ont jamais été amenées à être inquiétées.

« Les restes de l’épée », telle est la qualification insolente employée par M. Erdogan pour désigner les rescapés et descendants des rescapés du génocide des Arméniens reconnaissant par cette terminologie non seulement et implicitement la réalité du génocide mais aussi l’intention génocidaire sur les survivants.

Ces survivants précisément que nous sommes sont quant à eux déterminés à faire appliquer non seulement l’ensemble des droits de la nation arménienne mais aussi pour faire triompher la vérité et la justice sans lesquelles aucune paix n’est possible.

Je vous remercie

Lydia Margossian

Vice-présidente de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Résistants Arméniens

Ministre des Affaires Etrangères de la République d’Arménie Occidentale