KARIN, ARMENIE OCCIDENTALE – Ce samedi matin, 14 avril, deux navires de guerre US et quelques avions de combat français et britanniques ont tiré depuis la Méditerranée et la mer Rouge 110 missiles de croisière contre une dizaine de cibles en Syrie.

La frappe ne changera pas la donne militaire puisque les capacités militaires de l’armée syrienne restent intactes, une armée qui domine les champs de bataille :

1. Les sites qu’ont frappés les Américains, les Français et les Britanniques avaient été évacués au préalable, ce qui a évité aux forces syriennes des pertes humaines et des dégâts matériels importants ;
2. Selon le ministère russe de la Défense, les forces de défense aérienne syriennes ont abattu 71 des 103 missiles lancés par le bloc dirigé par les États-Unis.
Quatre missiles ont été lancés dans la zone de l’aéroport international de Damas. Tous les missiles ont été interceptés.
♣ 12 missiles ont été lancés à l’aéroport militaire Al-Dumayr. Tous les missiles ont été interceptés.
♣ 18 missiles ont été lancés à l’aéroport militaire de Baly. Tous les missiles ont été interceptés.
♣ 12 missiles ont été lancés à l’aéroport militaire de Shayarat. Tous les missiles ont été interceptés.
♣ 9 missiles ont été lancés à l’aéroport militaire de Mezzeh. Cinq missiles ont été interceptés.
♣ 16 missiles ont été lancés à l’aéroport militaire de Homs. 13 missiles ont été interceptés.
♣ 30 missiles ont été lancés sur des cibles dans les zones de Barzah et Jaramani.Sept missiles ont été interceptés.
Le Pentagone a rejeté les informations selon lesquelles les forces syriennes auraient intercepté quelque chose disant que les Etats-Unis et leurs alliés « ont réussi à atteindre toutes les cibles ».
Selon cette version, les États-Unis ont lancé 105 missiles sur les installations prétendument «armes chimiques» du gouvernement Assad.
♣ 76 missiles – « Barzah Research and Development Center »
♣ 22 missiles – « Site de stockage d’armes chimiques Him Shinshar »
♣ 7 missiles – « Him Shinshar CW Bunker »

3. Les missiles n’ont pu atteindre aucun des sites appartenant aux Russes, aux Iraniens ou au Hezbollah ;
4. L’offensive d’envergure que Washington, Paris et Londres promettaient en restera là de l’aveu de ses initiateurs ;
5. Cette frappe, bien plus réduite que ce qu’avaient promis ses auteurs, était une réponse aux largesses du royaume saoudien, qui vient de verser des centaines de millions de dollars dans les caisses des États américain, français et britannique ;
6. Israël est un autre perdant de cette attaque. La frappe de ce 14 avril, tout comme celle du 8 avril contre la base T4, connaîtra une réponse et Israël craint justement cette riposte qui pourrait revêtir l’une de ces deux formes ou toutes les deux à la fois : la fin de l’occupation d’Idlib et le renforcement des capacités balistiques et de combat de la Résistance, ainsi que la militarisation accrue des frontières avec Israël.

La Turquie aujourd’hui partenaire de la Russie est un allié de l’OTAN, approuvant les frappes de la coalition internationale sur la Syrie, elle joue sur les deux tableaux pour essayer de remettre au mieux, et à plus tard, son démantèlement potentiel. D’un autre coté, un avertissement est transmis au président turc dans ses persécutions à l’encontre des populations civiles.

Ces engins, que Donald Trump décrivait dans un twitt comme « beaux et intelligents », et qui sont les lointains descendants des V-1 de l’Allemagne nazie (2), coûtent chers.
Un missile britannique de type Storm Shadow est estimé à 800 000£. Si, pour faire exploser sur des cibles 32 missiles on doit en perdre 71, autrement dit si le taux de réussite n’est que de 31%, on s’interroge sur la capacité de pays comme les Etats-Unis et leurs alliés à mener une campagne de désarmement (comme celle menée contre l’Irak en 2003).
Pour qu’une telle campagne soit efficace, il faut compter plusieurs centaines de missiles atteignant leurs cibles (de 400 à 1200 suivant la complexité du système de défense du pays). Cela reviendrait à tirer de 1300 à 4000 missiles, dans le cas d’une défense qui n’est clairement pas à la pointe du progrès, soit une dépense de 1,6 milliards de dollars à 4,8 milliards de dollars.
On le comprend aisément, l’efficacité supposée de la DCA syrienne remet en question le modèle économique des frappes aériennes, modèle qui celui sur lequel les Etats-Unis vivent depuis la « guerre du Golfe » en 1991. Ils auraient fait par cette frappe, aidés par la Grande-Bretagne et par la France, la démonstration que leur modèle d’action militaire est ainsi périmé.
Puisque selon les Etats en cause, les frappes ont atteint leurs cibles et en plus à proximité de grandes villes, on est en droit de se demander si les poussières ou nuages toxiques des sites chimiques après les explosions, ont fait des victimes parmi la population civile syrienne.

En conclusion, ces frappes sans l’aval du Conseil de Sécurité des Nations Unies démontrent qu’aujourd’hui les forces occidentales ont franchis une étape sans précédant au niveau de l’ingérence, celle de pouvoir intervenir et sanctionner militairement un Etat par le biais de leur volonté commune sans tenir compte de la Charte des Nations Unies.

Arménag APRAHAMIAN
Président du Conseil National d’Arménie Occidentale