Arménag Aprahamian, Chef de la Délégation du Conseil National d’Arménie Occidentale à l’ONU

Dans le cadre de la réunion pour permettre l’échange d’opinion sur les mécanismes les plus approfondis pour la continuation des travaux du Groupe de Travail sur les Populations Autochtones

Genève, le 6 décembre 2007 à 11h30

– Merci, Monsieur le Président

– Ma délégation vous adresse ses félicitations, Monsieur le Président, pour votre nomination et partage les points de vue de tous les intervenants.

« MA TERRE C’EST MON SANG, MON SANG C’EST MA TERRE ! »

Cette phrase, issue du film sur les Peuples Autochtones présenté sur le site Internet, résume à elle seule, les causes et les effets qui font l’objet de notre réunion, qui font l’objet de notre UNION.
Permettez-moi de rendre hommage au travail immense qui consiste à prendre en compte la diversité des Peuples Autochtones, leurs droits civils, politiques et culturels en application des Droits de l’Homme et des Pactes Internationaux.
En ce qui concerne les Arméniens d’Arménie Occidentale, l’intérêt que nous portons sur les Peuples Autochtones vient aussi du fait que nous sommes directement concernés par cette situation. Mais, il va de soi, que cette motivation s’en trouve accrue par le fait qu’elle est partagée par d’autres Peuples Autochtones méritant notre plus profonde attention et considération.
Les Peuples Autochtones (ou Peuples Premiers), peuples parmi les plus anciens de la planète, ne sont pas des fossiles vivants et pourtant ils vivent dans des conditions qui ne sont pas toujours conformes aux Droits de l’Homme, et aux Droits à la Libre détermination, donc conformes à la Charte des Nations Unies et aux Pactes Internationaux, antagonisme provenant la majeure partie du temps du déséquilibre entre l’État, son système d’intégration, et l’identité linguistique, culturelle voire nationale que représente un peuple autochtone.
Cette analyse s’en trouve renforcée, quand le peuple autochtone en question a été victime d’un plan d’extermination, un génocide, en fait victime d’une irresponsabilité et d’une incompétence à l’échelle d’un État, à prendre en considération, sa nature, son particularisme, irresponsabilité provenant aussi du fait de ne pas vouloir prendre en charge la destinée même du peuple autochtone en question, qui le plus souvent ne connaissant pas ses droits, ne demandait rien d’autre, que l’application du droit à l’existence.
Au vue de ces antagonismes, de ces processus de désintégration, de négation, de ces plans d’extermination, nettoyages ethniques, ethnocides, destruction des éléments naturels d’existence des Peuples Autochtones, l’Organisation des Nations Unies par le vote de la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones du 13 septembre 2007, a rendu justice de la manière la plus noble qui soit, donnant tout pouvoir aux Peuples Autochtones de se prendre en charge, de prendre en charge leur destinée.
La prise en compte de cette réalité, même si non contraignante en direction des États, nous amène donc à réfléchir sur les différents mécanismes d’application de nos droits, de nos spécificités identitaires qui auraient pour objectif d’accompagner un processus d’émancipation politique, d’application des droits à l’autodétermination et des droits à la terre, aux territoires, aux ressources et à son patrimoine.
Ainsi nous pensons que nous pouvons trouver au sein de la Déclaration une série d’articles dans l’échelle des priorités, qui peuvent être appliqués par les Peuples Autochtones, articles particulièrement liés à la sécurité des personnes et de leur identité, à la sécurité des biens et du patrimoine (conformément à la Déclaration).
Je crois savoir que : dans tous les cas, l’idée ne consiste pas à se substituer aux Peuples Autochtones, mais plutôt d’accompagner les Peuples Autochtones dans la prise en charge de leur destinée et dans l’application de leurs droits, ainsi que de les protéger.

Une Commission d’expert composée particulièrement en majorité d’experts issus des Peuples Autochtones est donc fondamentale, pour accompagner, conseiller et décider des priorités en direction de l’application des Droits des Peuples Autochtones.

Je vous remercie de votre attention.

Arménag APRAHAMIAN

Président du Conseil National d’Arménie Occidentale