WESTERN ARMENIA – Pour la première fois dans l’histoire de l’Arménie Occidentale, en ce jour du 24 avril 2008 à New-York, la délégation du Conseil National des Arméniens d’Arménie Occidentale, sous l’égide de Monsieur Arménag Aprahamian, chef de la délégation et Président du Conseil National d’Arménie Occidentale a présenté à l’ONU un rapport circonstancié sur les revendications légitimes des Arméniens d’Arménie Occidentale, nation autochtone ayant subi un génocide, dans le cadre du Forum Permanent sur les Questions Autochtones

– Merci, Madame la Présidente

– Ma délégation vous adresse toutes ses félicitations, Madame la Présidente, pour l’organisation de notre Forum annuel et s’associe aux points de vue de tous les intervenants.

Plus les Hommes prennent conscience de l’aspect sacré de l’existence, plus ils s’élèvent vers cette source commune à tous, substance immatérielle à l’origine de nos vibrations.

Ainsi, dans le processus d’évolution des Nations Unies, une des étapes essentielle après sa formation, la Déclaration des Droits de l’Homme et la réalisation des Pactes Internationaux a été la reconnaissance presque unanime aux nations anciennes, de leur singulière capacité de préserver une existence harmonieuse avec une terre nourricière.

L’émancipation des jeunes Nations, leur constitution, leur regroupement et leur développement ne leur a pas empêché de formaliser et de voter après une décennie de travail, une déclaration reconnaissant aux Peuples anciens leur rôle fondamental de gardien de la Terre, de part leurs compétences, leur savoirs et leurs savoir-faire. Au-delà de la reconnaissance de leurs pairs, les jeunes Nations commencent à reconnaître aussi aux anciennes, leurs droits à exister, à s’affirmer et à s’autogérer sur l’espace vital que peut constituer la terre de leurs ancêtres.

Un nouveau processus a été enclenché, le 13 septembre 2007, sur la résonance de la Déclaration fondamentale sur les Droits des Peuples Autochtones, plusieurs États ont pris la décision d’appliquer en leur sein cette Déclaration reconnaissant leurs erreurs passées, rétablissant à partir de ces droits la possibilité aux Peuples anciens de se reconstituer et d’affirmer leur existence.

Nous pouvons prendre comme exemple l’Australie qui par son représentant et Premier ministre M. RUDD a pris la décision d’honorer les Peuples Indigènes de cette terre :

C’est donc une nouvelle fois les nations anciennes qui ouvrent la voie à de nouvelles perspectives d’évolution dans la fraternité des Hommes en tenant compte de la diversité des cultures, du patrimoine des nations anciennes encore vivantes et du respect de leur existence.

Ceci n’est pas le fait du hasard, il est le fait d’une prise de conscience internationale d’une situation, et cette prise de conscience n’aurait jamais eu lieu sans l’existence d’un système coordonné à l’image de l’Organisation des Nations Unies.

La Déclaration sur les droits des Peuples Autochtones par l’Organisation des Nations Unies, permettra de mettre définitivement fin au mal du siècle, un mal dans le prolongement du génocide des Arméniens, un mal qui s’étendait progressivement mais à rythme constant aux autres Peuples anciens de la planète, ce mal a été identifié, il est le révisionnisme et la négation totale de l’existence et des droits des Peuples anciens par des États totalitaires voire criminels.

Aujourd’hui l’affirmation de l’existence des Arméniens d’Arménie occidentale, des Aborigènes, des Inuites, des Indiens, et de toutes les Nations Autochtones de la planète, est la meilleure arme pour combattre la négation, le Forum Permanent des Questions Autochtones en est le meilleur exemple vivant.

Non contente de nier la réalité de ce génocide, l’État en cause justifie sa position en précisant qu’il ne peut y avoir de génocide contre un peuple qui n’existe pas, effaçant ainsi le crime et son objet, pour atteindre pleinement l’objectif génocidaire : ce peuple ne doit plus exister… ce peuple n’existe pas… ce peuple n’a jamais existé. Le révisionnisme achève le crime ; il en constitue la seconde phase en effaçant un groupe ethnique de l’histoire de l’humanité. (Extrait de la PROPOSITION DE LOI du Sénat français, le 19 septembre 2005 : relative à l’incrimination pénale de la contestation publique des crimes contre l’humanité).

La résonance de la Déclaration doit se poursuivre afin de stopper tous les processus de falsification, qui à l’exemple de la Résolution du Parlement Européen votée en juin 1987 n’est pas conforme à l’application des Droits des peuples Autochtones.

Art 2. est d’avis que les événements tragiques qui se sont déroulés en 1915-1917 contre les Arméniens établis sur le territoire de l’Empire ottoman constituent un génocide au sens de la convention pour la prévention et la répression de crime de génocide, adoptée par l’Assemblée générale de l’O.N.U. le 9 décembre 1948; reconnaît cependant que la Turquie actuelle ne saurait être tenue pour responsable du drame vécu par les Arméniens de l’Empire ottoman et souligne avec force que la reconnaissance de ces événements historiques en tant que génocide ne peut donner lieu à aucune revendication d’ordre politique, juridique ou matérielle à l’adresse de la Turquie d’aujourd’hui ;

Bien que dans cette résolution, le génocide des Arméniens, plan d’extermination intentionnel appliqué aux Arméniens d’Arménie Occidentale par les gouvernements successifs turcs de 1894 à 1923, apparaît comme un fait historique inaliénable même après avoir minimisé les faits, le texte n’aspire même pas à affirmer l’existence pluri millénaire des Arméniens sur leur sol ancestral, bien au contraire, le texte prétend que les Arméniens aurait été établis dans l’Empire Ottoman (cf. art. 2), bafouant et sapant nos droits les plus légitimes à exister, ce qui est ni plus ni moins qu’intolérable, minant pour toujours nos droits en tant qu’héritier de notre nation, descendants des rescapés du génocide en exil et les droits humains fondamentaux en tant que peuple autochtone.

L’assujettissement des Droits de l’Homme et des droits des Peuples Autochtones aux législations nationales et plus largement européennes, est inacceptable pour un instrument relatif aux Droits de l’Homme adopté par l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies. Il devrait être évident pour tous que la nature même des Droits de l’Homme est d’établir des limitations quant à ce que les lois nationales ou européennes peuvent stipuler – et non pas l’inverse. Puisque les Droits de l’Homme ne sont pas sujets à la législation nationale, suggérer que les Droits des Arméniens d’Arménie Occidentale en tant que peuple autochtone ne donneraient lieu à aucune revendication en direction de l’application de nos droits civils et politiques, qui devraient l’être sans aucune condition, est une affirmation discriminatoire, sinon raciste en opposition totale et non-conforme aux Droits de l’Homme et aux Droits des peuples Autochtones.

C’est donc le respect de l’identité de chacun qui engendrera l’Union des Hommes, nous le constatons pleinement ici présent, au sein de l’Assemblée des Nations Autochtones.
Chers frères, chères sœurs

Je vous remercie pour votre attention.

Arménag Aprahamian
Président du Conseil National d’Arménie Occidentale

http://www.western-armenia.eu/WANC/Armenie-Occidentale/Departement-Affaires-Internationales/ONU/Rapport-ONU-24.04.08.pdf