Western Armenia – 13 septembre 2018 – 39e session du Conseil des Droits de l’Homme à l’ONU – Western Armenia et Tupaj Amaru. Point 3 : Dialogue groupé avec le Rapporteur spécial sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation, et des garanties de non-répétitions et le conseiller spécial sur la prévention du génocide.

 

Monsieur le Président,

Il faut rappeler que c’est M. Raphael Lemkin qui a forgé la qualification de génocide en s’appuyant notamment sur le cas de l’extermination des Arméniens.

Je suis précisément une descendante des survivants de ce peuple génocidé, le peuple arménien d’Arménie Occidentale.

Le génocide des Arméniens qui a culminé de 1894 à 1923 par l’extermination de cette nation par trois gouvernements turcs successifs : sous l’Empire ottoman, celui des Jeunes-turcs et celui de Mustapha Kémal a fait 2 millions de victimes.

Or, les programmes de massacres génocidaires se poursuivent aujourd’hui sur la population survivante suivant la définition établie par Raphael Lemkin par la soumission de cette nation à des conditions telles que sa disparition est programmée.

Quelles sont les deux principales conditions de soumission provoquant un génocide dans le cas des Arméniens ?

1- La négation du droit de retour des exilés sur leurs terres ancestrales, l’Arménie Occidentale sous occupation illégale en droit international par les forces armées turques depuis 1920,

2- L’oppression et la négation du droit à l’existence de la population autochtone survivante en Arménie Occidentale,

La Convention déclare l’imprescriptibilité du crime de génocide et les auteurs ont l’obligation d’assumer des réparations. Il faut pouvoir responsabiliser et poursuivre pénalement l’Etat en cause quand bien même il ne se reconnaît pas auteur de ses crimes.

Durant la conquête coloniale du “Nouveau Monde” des Amériques en 1492, les conquistadors espagnols, âpres, durs et dominés par un appétit féroce pour l’or et l’argent ont débarqué en terres et territoires de civilisations des Amériques et ont exterminé des millions d’indiens.

L’auteur de la « Destruction des Indes », le père dominicain Bartolomé de Las Casas a témoigné de l’assassinat de 12 millions d’âmes qui ont été étranglés, jetés aux bûchers et exterminés par la tyrannie espagnol.” Cf la Destruction des Indes par Bartolomé de Las Casas (1552).

De fait les crimes de génocide n’ont jamais cessé et se poursuivent sur les survivants.