WESTERN ARMENIA – Après que l’an dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait exprimé sa compassion pour les victimes arméniennes de la première guerre mondiale, voilà que cette année dans un discours prononcé lors d’une conférence sur « La contribution au développement des archives turques et leur impact sur les études historiques », il justifia le crime de génocide perpétré contre les Arméniens en précisant que […] le déplacement (déportation) des Arméniens était une mesure raisonnable […].

En droit international, selon l’article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide,  cela revient à dire que les gouvernements turcs ont bien fait de déporter les Arméniens d’Arménie Occidentale.

Article II

Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

  1. a) Meurtre de membres du groupe;
  2. b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe;
  3. c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle;
  4. d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;
  5. e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.

« Le déplacement (la Déportation) des Arméniens d’Anatolie orientale, y compris des gangs arméniens et de leurs partisans y compris les femmes et des enfants, étaient la mesure la plus raisonnable qui aurait pu être appliqué durant cette période », a déclaré Erdogan.

Le Président turc en employant le mot « déplacement», veut dire en fait la déportation et le meurtre prémédités de deux millions d’Arméniens autochtones, de leur patrie qui avait été reconnu comme Etat libre, souverain et indépendant par le Conseil Suprême des Alliés au Traité de Versailles en 1919 se justifie à cause des agissements de soi-disant « gang arméniens » qui en fait se rebellaient contre la tyrannie des autorités turques, en direction des populations civiles arméniennes.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a ainsi pour la première fois dans l’histoire de la Turquie justifié “à sa façon”, le crime de génocide perpétré contre le peuple arménien.

Karin APRAHAMIAN

Ministre des Conséquences et des Réparations du Crime de Génocide du gouvernement de l’Arménie Occidentale