ARMÉNIE OCCIDENTALE – Immense honneur et fierté d’avoir participé, cent ans après, jour pour jour, lundi 10 août 2020, au Musée de la Céramique à SÈVRES, à l’endroit même ou s’est signé le traité de Sèvres en 1920.

Moment historique du centenaire du Traité de Sèvres aux côtés du Président de la République d’Arménie Occidentale, Monsieur Arménag Aprahamian, ainsi que des parlementaires, et personnalités.

À la suite de la Première Guerre mondiale et du démembrement de l’Empire ottoman, la République Arménienne du Caucase, autoproclamée indépendante depuis le 30 mai 1918, avant d’avoir signé le traité de Batoum (4 juin 1918) avec les forces kémalistes, se joint à la Délégation nationale arménienne pour prendre la décision politique de présenter communément leurs revendications à la Conférence de paix de Paris (1919).

La Délégation Arménienne :

En novembre 1912, le Catholicos Georges V Soureniants signe un kontak fondant la Délégation Nationale Arménienne.

Le catholicos bénéficie pour ce projet du soutien du vice-roi du Caucase, Illarion Vorontsov-Dachkov et du Bureau national représentant les Arméniens de Russie (formé en 1912).

Il nomme à la tête de la délégation l’homme d’affaires et diplomate Boghos Nubar Pacha.

Dans son orbite, on trouve d’autres figures de la communauté arménienne parisienne comme l’homme de lettres Archag Tchobanian, ou l’ancien ministre ottoman Gabriel Noradounghian, qui en est membre (après son exil en France) en novembre 1918. Aram Andonian en est le secrétaire entre 1919 et 1923.

Cette délégation est mise en place pendant la Première guerre balkanique pour représenter les intérêts des Arménien, et est envoyée à Paris pour plaider les droits des Arméniens auprès des six puissances signataires du traité de Berlin de 1878.

De ce fait, les deux délégations se réunissent le 12 février 1919, en une Délégation de l’Arménie intégrale (Delegation of Integral Armenia). C’est ensemble qu’elles rédigent le Mémorandum sur la question arménienne destiné à être présenté à la conférence de la paix. Dans celui-ci, les Arméniens demandent un large territoire ainsi que le règlement de réparations par la Turquie.

Le Congrès charge la Délégation de faire son possible pour la fondation d’une « Arménie unifiée».

Symbole de l’union entre les deux délégations, leurs deux meneurs signent ensemble un article intitulé «La Cause arménienne» dans la revue La Paix des peuples, dans lequel ils expliquent notamment que « Ce serait donc un déni de justice que de séparer les anciens territoires de l’Arménie turque de ceux de l’Arménie russe, sous quelque prétexte ou sous quelque forme que ce soit ; ce serait pour ainsi dire dépecer un corps vivant et ce serait aussi créer une cause permanente de nouvelles persécutions, de nouvelles oppressions et de nouvelles effusions de sang».

Le traité de Sèvres est conclu le 10 août 1920

L’Arménie Occidentale, déjà reconnue indépendante et souveraine fait partie des signataires.

Le traité signé par la Turquie lui donne partiellement satisfaction: en effet, par son article 88, le traité stipule que la Turquie reconnaît l’Arménie comme un État libre et indépendant; par son article 89, la Turquie et l’Arménie acceptent de soumettre au Président des États-Unis la question de la frontière qui doit être fixée entre la Turquie et l’Arménie dans les vilayets d’Erzurum, de Trébizonde, de Van et de Bitlis et d’accepter sa décision.

Il est enfin important de préciser pour éviter toute confusion que, le droit international public décide que lorsqu’un traité collectif est abrogé et remplacé par un autre, ce dernier ne sera pas opposable à l’État signataire du premier qui n’aura pas été partie au second. Pour cet État, le premier y traité continue à avoir effet. En conséquence, l’État arménien d’Arménie occidentale, signataire du traité de Sèvres, mais écartée du traité de Lausanne, peut légitimement demander l’application des dispositions du traité de Sèvres où l’appliquer lui-même selon les dispositions en vigueur.

Appuyant les déclarations officielles du Président Arménag Aprahamian, le Président de la République d’Arménie, Monsieur Armen Sarkissian, déclare que la République d’Arménie et le peuple arménien dispersé dans le monde entier restent les héritiers et les maîtres de leur histoire millénaire et de leur civilisation.

Certains pensent que le Traité de Sèvres resta lettre morte, et bien ceci est faux et archi-faux. Comme le dit le Président Sarkissian :

« Le traité de Sèvres ne fût pleinement ratifié et demeure de ce fait inaccompli, et bien que ses dispositions relatives à l’Arménie n’ont pas été mises en œuvre en raison de la situation politique internationale, le Traité de Sèvres, en tant que tel, n’a jamais été déclaré nul. »

Il nous appartient à tous de forger ici, dans le creuset des siècles et des civilisations, le destin commun des Arméniens, au sein du Moyen-Orient, dans une relation d’égalité et de fraternité. »

Je crois en une Arménie réunie et forte.

L’unité de l’Arménie, ne peut se faire que par l’action. Cette unité je veux qu’elle soit comme une renaissance.

Après mai 68, Georges Pompidou avait dit : « le monde a besoin d’une nouvelle Renaissance ».

La Renaissance, ce temps où pour la première fois les hommes ont eu le sentiment que tout était possible.

Tout paraissait possible aux hommes de la Renaissance. Tout paraissait possible à ceux des Lumières, à ceux de la Révolution, et à ceux des 30 Glorieuses.

Alors que le monde change à un rythme où jamais il n’a changé, alors que partout d’immenses forces de création sont à l’œuvre, que partout les hommes se battent pour inventer, pour créer, pour s’arracher à la misère, pour tenter de se construire un nouveau monde, nous ne pouvons être immobiles, nous ne pouvons répondre au monde qui nous invite à le rejoindre dans sa course effrénée au changement : « à quoi bon ? »

Voici le pays qui si souvent a été à l’avant-garde de la civilisation, en effet, L’Arménie fut la première nation à adopter le christianisme comme religion d’État en l’an 301.

Le voici, qui, aujourd’hui semble avoir perdu cette foi en lui-même, cette conviction que le destin l’avait créé pour accomplir de grandes choses et pour éclairer l’humanité.

Un doute s’est installé qui a peu à peu grandi, peu à peu sapé cette confiance qui fait la force des grandes nations.

Ce doute terrible c’est le mal qu’il nous faut guérir au fond de chacun d’entre nous.

Nous devons être les représentants d’une Arménie qui ne s’enfermera pas dans son histoire pour échapper à l’avenir, qui ne sera pas un musée, mais qui saura s’adosser à son histoire pour s’élancer vers le futur.

Ce n’est pas de quelques personnes dont il s’agit, mais des Arméniens du monde entier.

Parce que lorsqu’il s’agit de notre Arménité, il n’y a plus de camp.

Nous devons nous tourner vers tous les Arméniens du monde, quels que soient leur parcours, qu’ils soient de droite ou de gauche, qu’ils vivent en France ou à l’étranger, que l’Arménie les ait ou non déçu, pourvu qu’ils l’aiment.

Nous devons être rassemblés, pour qu’ensemble nous retrouvions nos droits en Arménie Occidentale.

Tout peut devenir possible pour les Arméniens.

Vive l’Arménie Occidentale,

Vive l’Arménie unifiée!