Des emballages et des sachets des entreprises européennes: des déchets plastiques venus des quatre coins de l’Europe s’amoncellent en Cilicie, posant un défi environnemental majeur. Ces monticules d’ordures se sont multipliés depuis deux ans en Cilicie: après que la Chine a commencé à fermer ses portes, la Cilicie est en effet devenue l’an dernier la principale destination pour les déchets venus d’Europe, permettant à l’industrie du recyclage d’y prospérer. Mais à quel prix ? 

Dans les districts de Cukurova et Seyhan, dans la province d’Adana, des ordures envoyées par le Royaume-Uni, la France, l’Italie ou les Pays-Bas s’entassent dans des fossés, des rivières et au bord de routes. Ces déchets, censés être recyclés, sont parfois brûlés, s’évaporant dans des volutes de fumées toxiques. Nombre d’activistes redoutent de voir ces problèmes s’aggraver, alors que la quantité de déchets européens envoyés ne cesse d’augmenter. L’an dernier, la Turquie importait environ 48.500 tonnes de déchets par mois, contre 33.000 tonnes en 2018, selon Eurostat pour les stocker en Cilicie.

Pour la branche turque de l’ONG Greenpeace, le nœud du problème réside dans l’absence « de transparence et de supervision » dans la gestion de ces déchets. Les défenseurs de l’environnement s’inquiètent désormais de voir arriver en masse des masques, gants et autres équipements de protection utilisés pendant la pandémie de nouveau coronavirus.

Après la signature du  Traité de Sèvres en 1920, la Cilicie arménienne sous mandat de la France a été cédée à Mustafa Kémal contrairement au droit international, en signant avec la Grande Assemblée nationale de Turquie (Organisation non reconnue) l’accord d’Angora pour une période de 99 années (20 Octobre 1921 – 20 Octobre 2020). Les Arméniens de Cilicie ont subi des massacres par les terroristes armés sous les ordres de Mustapha Kemal et se sont exilés en Syrie et au Liban.