Imaginé par les Alliés pour démanteler l’Empire ottoman, le traité de Sèvres, signé en 1920, hante toujours les mémoires en Turquie. Cent ans plus tard, il reste l’incarnation des ambitions colonialistes des Occidentaux. Après Versailles, où fut signé le traité de la conférence de la paix de Paris, qui mit officiellement fin à la Première Guerre mondiale, un autre lieu joue un rôle primordial dans la réorganisation du monde : Sèvres. Les puissances victorieuses et les mandataires du sultan Mehmed VI s’y retrouvent en 1920 pour sceller le destin de l’Empire ottoman et diviser le Proche-Orient en zones d’influence britannique et française. Révoltés, le général Mustafa Kemal Atatürk et les forces nationales repoussent les armées étrangères qui souhaitent, par l’application du traité de Sèvres, diviser le territoire turc. 

Même s’il n’a jamais été ratifié, le traité a tout de même marqué les esprits turcs au point que l’on parle de “syndrome de Sèvres”. “Il cristallise toutes les peurs complotistes que l’on rencontre aujourd’hui en Turquie”, explique le journaliste spécialiste du Moyen-Orient Daniel Gerlach. À l’aide de nombreuses images d’archives et des éclaircissements de plusieurs historiens, le film analyse les conséquences actuelles sur le Proche-Orient d’un accord imaginé au début du siècle dernier. Cartes animées et extraits des discours de dirigeants ponctuent ce riche décryptage, qui permet de mieux comprendre les tensions actuelles dans le pays dirigé par Recep Tayyip Erdogan et chez ses voisins.

Le replay Le lourd héritage des traités – 1920, la fin des Ottomans est proposé en streaming gratuit pendant quelques jours après sa diffusion sur Arte.

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