Lydia Margossian, ministre des Affaires étrangères de la république d’Arménie Occidentale, commémore l’anniversaire de l’indépendance d’Arménie Occidentale

Je m’adresse à vous en ce 19 janvier 2021, en cette date, à laquelle doivent s’identifier tous les Arméniens.

Parce que le 19 janvier est la date qui consacra la reconnaissance d’un Etat et en l’occurrence d’un Etat arménien en 1920, cet Etat que l’on nomme aujourd’hui Arménie Occidentale par défaut, par rapport à la République d’Arménie qu’il faudrait nommer plus exactement et raisonnablement Arménie Orientale pour rappeler au monde la question de droit international et des territoires occupés en Arménie Occidentale.

Car c’est précisément sur ces territoires occupés qu’ont lieu l’anéantissement de notre population et la spoliation mondiale de nos ressources.

La population autochtone arménienne d’Arménie occidentale et en Arménie Occidentale existe et veut continuer à exister sur ses terres.

C’est le cas en Artsakh, partie intégrante de l’Arménie reconnue en 1920 et faisant donc partie des provinces orientales de l’Arménie Occidentale.

 De la même manière, la population autochtone des provinces telles que Bitlis, Trébizonde, Van, Erzerum, Kharpert, Tigranakert veut continuer à exister sur ses terres ancestrales.

Nous avons les mêmes droits et c’est l’entièreté des droits pris dans son ensemble qui doit être appréhendée.

C’est donc en ce 19 janvier que je souhaite m’adresser à vous pour vous témoigner tout d’abord que l’Arménie Occidentale c’est-à-dire la structure continuatrice de cet Etat arménien reconnu en 1920 se reconstitue et se renforce jour après jour malgré toutes les tentatives visant à anéantir son existence.

Ce renforcement s’inscrit dans la défense de notre peuple autochtone et de ses territoires en Arménie Occidentale dont l’Artsakh et le Nakhitchevan font partie.

Le droit international a statué il y a 100 ans et conformément à l’article 92 du Traité de Sèvres qui a toujours force, les frontières orientales de l’Etat arménien de 1920 c’est-à-dire de l’Etat d’Arménie Occidentale doivent se déterminer et se détermineront par accord direct entre les parties concernées à savoir entre l’Azerbaïdjan, la Géorgie et l’Etat d’Arménie Occidentale.

Aucune autre solution n’est pérenne pour l’avenir et la paix mondiale.

Toute tentative de contournement du droit international sera vouée à l’échec.

Nous ne renoncerons jamais à nos droits, à tous nos droits et cela conformément au droit international.

En cette nouvelle année, j’exhorte dès lors mon peuple à s’emparer de ses droits, de tous ses droits entre-autres consacrés par le Traité de Sèvres.

S’emparer des droits pour les faire appliquer, c’est tout d’abord inscrire à l’agenda, la date d’indépendance de l’Etat arménien du 19 janvier et la date du 4 août qui marque la date anniversaire de la Déclaration d’indépendance de la Cilicie.

Aucune autre manifestation de réjouissance à l’échelon étatique ne peut avoir lieu lorsque les ¾ des territoires arméniens sont sous occupation.

 Car la vraie question, la question qui fâche, la question de crispation et de colère où tout est mise en œuvre pour l’éluder, c’est l’évocation de la question de l’occupation territoriale dans le cadre plus large de la colonisation du plateau arménien.

Le peuple arménien ne doit en aucun cas perdre de vue la question de la décolonisation de sa patrie car son salut c’est-à-dire la pérennité de son existence, de ses savoirs traditionnels, de ses expressions culturelles, de son folklore est liée au retour à sa terre ancestrale.

 Sans nier l’apport du monde associatif, seule une structure d’Etat et en l’occurrence la structure d’Etat de l’Arménie Occidentale peut faire valoir juridiquement les droits du peuple arménien devant les instances internationales et en particulier les droits du peuple arménien en Artsakh placé sous sa juridiction.

  Le peuple arménien doit ainsi dépasser le cadre communautaire dans lequel le colon tente de l’enfermer à travers divers biais, pour s’élever et affirmer ses droits obtenus en devenant citoyen de l’Etat d’Arménie Occidentale honorant par la même le travail de la Délégation nationale arménienne conduite par son Excellence Boghos Nubar, premier Président de l’Arménie lui-même mandaté par le Catholicos Kévork V.

Privilégier le vocable d’exilés, c’est consacrer le triomphe du droit international qui a honoré le peuple arménien.

 Le piège tendu par le colon se manifeste également par la multiplication des partis politiques visant à diviser la nation.

Notre objectif est la libération nationale, tout autre question est de second ordre et c’est la raison pour laquelle, le Parlement de l’Arménie Occidentale n’admet en son sein aucun parti politique.

 La structure de l’Arménie Occidentale travaille depuis des décennies dans les enceintes des organisations internationales à l’ONU et à l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle dans la protection de son patrimoine et de son statut.

Le statut de peuple autochtone que le colon rejette voulant réduire le peuple arménien au statut de minorité ethnique dans ce qu’on appelle la « Turquie » alors qu’il est un peuple autochtone en Arménie Occidentale occupée.

 Je demande enfin à mon peuple d’entrer dans le combat aux côtés de nos résistants qui luttent aujourd’hui pour la libération de la nation arménienne.

Je veux en particulier saluer les Députés du Parlement de l’Arménie Occidentale engagés en première ligne dans la défense de nos frontières.

Car notre peuple a bien compris que ce qui se joue à travers l’agression génocidaire contre l’Artsakh est en réalité une agression caractérisée contre l’Arménie occidentale, vers la poursuite des tentatives de son anéantissement.

 Cependant, c’est l’Arménie Occidentale qui fera triompher le droit international et rendra au monde sa dignité perdue sur l’autel des intérêts mercantiles et du grand Capital.

C’est l’Arménie Occidentale qui fera triompher le droit international à l’heure où une nouvelle phase de crime de génocide a eu lieu alliant le traditionnel yatagan aux armes de technologies de pointe interdites dans les conventions internationales, déchiquetant une nouvelle fois l’humanité sous le regard complaisant et complice d’une grande partie du monde dit civilisé.

 Où se trouve « l’œuvre civilisatrice » clamée par certains Etats lorsque les rapaces d’une nouvelle entente viendront bientôt s’accaparer les ressources du sous-sol de l’Arménie occidentale en Artsakh ?

Nous cherchons en vain l’œuvre civilisatrice revendiquée de ce monde qui donne un blanc-seing au droit à l’assassinat de tout un peuple par des entités terroristes, des tribus barbares venues d’Asie centrale, érigées en pseudo-nation, assoiffées de sang, qui ont sans vergogne violer la Charte des Nations-Unies et déchiqueté ses articles.

 Chers compatriotes, je vous souhaite une année de courage dans le combat de notre libération nationale où votre imaginaire générera la reconstitution nationale de l’Arménie Occidentale.

La date du 19 janvier est la date de notre indépendance, la date de la résurrection de notre nation dont on a voulu effacer la Pensée par l’assassinat en ce même jour de l’écrivain Hrant Dink.

 Pendant 44 jours, ce sont les chants éternels de l’Arménie Occidentale emprunts de son soleil qu’ont entonnés nos fils, dans cette armée de l’Esprit constituée d’innombrables musiciens et artistes.

« Servir l’Arménie est servir la civilisation » disait l’homme d’Etat britannique William Gladstone.

Quelle tâche plus noble peut-on accomplir que celui de transmettre le chant de la nation aux nouvelles générations, régénérées par l’élan et la force de notre hymne national « Zartnir Lao » ?

 La nation vous attend et avec vous, notre vérité sera dite et nos droits seront appliqués.

Vive les Nations libres souveraines et indépendantes !

Vive l’Arménie Occidentale libre souveraine et indépendante !

Je vous remercie.

Lydia Margossian