Fin septembre 2020, avec le soutien de la Turquie et de mercenaires islamistes syriens et du Pakistan, l’Azerbaïdjan a déclenché une violente offensive contre la république autoproclamée de l’Artsakh (ex Haut Karabakh), afin de conquérir les territoires aux mains des Arméniens depuis 1994. Ce conflit a fait 6 000 morts – majoritairement Arméniens – et s’est soldé par une défaite arménienne, Erevan et Stepanakert ayant largement négligé leur défense depuis plusieurs années, face à Bakou qui a largement utilisé ses recettes pétrolières pour renforcer son armée et son arsenal [2]. De plus, près de 200 prisonniers de guerre arméniens sont détenus arbitrairement en Azerbaïdjan dans des conditions insoutenables, indignes de la Convention de Genève. A la suite du cessez-le-feu signé sous l’égide de la Russie en novembre 2020, les forces azerbaïdjanaises se sont aussitôt déployées dans les territoires reconquis,  terrorisant et expulsant les populations arméniennes et multipliant les provocations sur les nouvelles lignes de démarcation. Car Bakou n’est pas décidé à en rester là et vise la prise de contrôle totale de l’Artsakh et une révision des frontières afin d’établir d’une continuité territoriale avec le Nakhitchevan et affaiblir encore davantage l’Arménie.