Kharpert était l’une des villes les plus importantes de l’Arménie historique et, jusqu’en 1915, un centre majeur de la culture, de l’éducation et de l’artisanat arméniens. Les Arméniens de Kharpert étaient réputés pour leur savoir-faire en matière de tailleurs, cordonniers, forgerons, tisserands, fabricants de tapis, bijoutiers et vignerons. Les marchands arméniens avaient établi des relations commerciales avec la Russie, l’Iran, la France, l’Angleterre et l’Amérique, exportant coton, laine, cuir, blé, soie, vin et tapis.
Au XIXe siècle, Kharpert était devenue un centre important de la vie éducative et culturelle arménienne, au point d’être surnommée « l’Athènes provinciale ». Le Collège de l’Euphrate, l’École nationale centrale de Kharpert, l’École de jeunes filles Hripsimiennes et plusieurs autres établissements d’enseignement y étaient implantés. Le théâtre et l’imprimerie se développaient également dans la ville. En 1880, l’une des premières représentations arméniennes y fut donnée, et en 1889, une imprimerie arménienne fut fondée.
En 1915, la population arménienne de Kharpert fut soumise à la déportation et à une extermination de masse. Les Arméniens furent envoyés en deux caravanes à Deir ez-Zor, où la plupart d’entre eux furent tués. De nombreux membres de la communauté détenus à la prison de Kharpert périrent également.
Aujourd’hui, la présence historique arménienne à Kharpert se perpétue dans les mémoires, le patrimoine écrit et les vestiges des anciens édifices arméniens de la ville. Kharpert demeure un lieu essentiel de la mémoire historique et culturelle du peuple arménien.
