Intervention de Lydia Margossian, Présidente de la République d’Arménie Occidentale

  • by Western Armenia, juin 03, 2024 in Présidence
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Au regard de la situation que connait notre nation, le renforcement de l’Etat d’Arménie Occidentale à travers ses institutions doit être la priorité absolue de chacun de nous.

La nation arménienne a eu un Etat reconnu en 1920 au sortir de la première guerre mondiale par le Conseil Suprême des puissances alliées.

Il est dès lors incompréhensible et inacceptable de fêter le 28 mai comme anniversaire de la République d’Arménie comme étant « la première République » alors qu’il s’agissait d’une déclaration de souveraineté sans valeur en droit international signée à Tiflis le 30 mai sur certaines régions arméniennes et que le premier Etat reconnu indépendant fut l’Arménie turque c’est-à-dire l’Arménie Occidentale le 29 décembre 1917 par la Russie.

Fêter le 28 mai est grave a plus d’un titre mais la gravité et l’inacceptabilité s’en trouvent renforcés lorsqu’il apparait que d’une part les membres du parti Dashnaksutyun ont fait cette déclaration au détriment de l’Etat d’Arménie Occidentale qui subissait l’occupation de l’armée turque et que d’autre part les membres de ce même parti ont signé le Traité de Batoum entre avec la Turquie le 4 juin 1918 négociant une République arménienne du Caucase d’environ 12 000 km2 donnant à l’Azerbaïdjan les régions du Zangézour, de l’Artsakh, de Lori et la moitié du lac Sévan.

Aujourd’hui en 2024 soit 106 ans après les faits, le plan de Batoum est à l’œuvre déguisé en un plan de paix qui viole notre intégrité territoriale et les droits de notre nation.

Nous le contestons, nous le condamnons comme l’avait fait en son temps le Général Andranik.

L’Arménie Occidentale n’accepte pas que des territoires soient transmis illégalement à l’Azerbaïdjan et à la Turquie et c’est la raison pour laquelle j’ai ratifié la loi portant sur nos territoires.

L’Etat d’Arménie Occidentale fait 160 000 km2 et conformément à notre Constitution dont je suis la garante, je défendrai notre intégrité territoriale.

Il n’y a pas de petite ou de grande Arménie, il y a une Arménie reconnue en droit international qui est l’Arménie de 1920 et dont l’Arménie Occidentale est l’Etat continuateur et il n’y a qu’une date d’indépendance qui est celle du 19 janvier.

Notre reconstitution nationale est à l’œuvre depuis 2004, date de la constitution du Conseil National d’Arménie Occidentale à Chouchi.

Notre reconstitution nationale est à l’œuvre depuis 2011 par la constitution d’un Gouvernement de l’Arménie Occidentale.

Nous venons de fêter le 24ième anniversaire de la formation du Parlement de l’Arménie Occidentale et sommes heureux de compter parmi les Députés, des parlementaires qui brandissent haut le drapeau de l’Arménie Occidentale en Arménie Occidentale occupée. 

Rien ni personne ne pourra aliéner la nation arménienne de sa reconstitution nationale et du renforcement de sa structure d’Etat.

Malgré la falsification historique, malgré la discrimination, malgré le racisme,  personne ne pourra aliéner les Arméniens de leur volonté de devenir citoyen de la République d’Arménie Occidentale.

Du statut de Diaspora dans laquelle la nation arménienne a été délibérément reléguée, l’Etat d’Arménie Occidentale permet à tous les Arméniens descendants de rescapés du génocide des Arméniens la possibilité de devenir citoyen de son Etat et défendre ses droits sur sa terre.

Grâce à notre structure d’Etat, il nous a été permis de ratifier le Traité de Sèvres le 24 juin 2016 et dont nous célébrerons dans une vingtaine de jours le 8ième anniversaire de sa ratification. 

Grâce à notre structure d’Etat, nous renouons les liens diplomatiques avec les Etats et je veux remercier ici très chaleureusement l’ensemble du corps diplomatique du Ministère des Affaires étrangères de l’Arménie Occidentale engagé dans le rayonnement de l’Arménie Occidentale.

Grâce à notre structure d’Etat, la République d’Arménie Occidentale affirme les principes juridiques et notamment le principe de Nationalité qui doit régir la définition des frontières. Nous rappelons que la question juridique de la délimitation et de la démarcation de la frontière avec l’Azerbaïdjan n’est pas du ressort de la République d’Arménie mais de la République d’Arménie Occidentale. 

L’Artsakh fait partie de l’Arménie de 1920 et par continuité de l’Arménie Occidentale.

A l’heure actuelle, la paix n’est envisageable qu’à la condition du respect du droit international supposant entre-autre la mise en œuvre de l’article 92 du Traité de Sèvres, le retrait de l’Azerbaïdjan des territoires qu’il occupe et la libération des captifs arméniens en Azerbaïdjan.

La paix ne peut se fonder sur des crimes et des génocides.

La Conférence diplomatique à laquelle les représentants de l’Etat d’Arménie Occidentale viennent de participer à Genève fait comprendre l’importance de la défense pour chaque Etat de sa propriété intellectuelle. Les Arméniens d’Arménie Occidentale ayant aussi un statut de peuple autochtone ont défendu leurs ressources génétiques, leurs savoirs traditionnels et leurs expressions culturelles.

Ces 20 années de participation ont permis aux représentants de l’Arménie Occidentale de faire connaître l’exceptionnelle richesse du patrimoine de l’Arménie Occidentale et de contribuer à finaliser un Traité plus juste au regard des droits des peuples autochtones.

Chers compatriotes, nous allons continuer à défendre nos droits et à nous emparer de notre histoire future.

Notre reconstitution viendra de notre nation réunie autour de l’Etat d’Arménie Occidentale. 

Je vous remercie.