9 communautés frontalières souffriront, nous perdrons l’autoroute Idjevan-Noyemberyan 

  • by Western Armenia, avril 02, 2024 in Politique
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Les habitants du village de Voskepar, dans la région de Tavush, ont adressé un message aux autorités d'Erevan.

"Nous, soussignés, gardes-frontières de la région de Tavush, habitants du village de Voskepar, exprimons notre profonde préoccupation face aux récentes déclarations faites par divers représentants du gouvernement de la RA, en particulier le vôtre, concernant la restitution des territoires adjacents à notre colonie du côté azerbaïdjanais. 

Tout d’abord, quelques mots sur la manière dont cette situation s’est créée dans notre région. Les frontières que nous a laissées l'ancien État soviétique ont été intentionnellement si enchevêtrées et déformées que nos routes reliant le reste des colonies arméniennes étaient sous le contrôle des Azerbaïdjanais. Immédiatement après l'effondrement de l'URSS, cette dernière a déclenché des violences contre nos citoyens sur ces tronçons routiers, et en 1991, dles enlèvements de citoyens de la RA ont commencé. 

Au cours de ces années, quelques-uns ont été enlevés dans nos colonies et dans les colonies voisines, et en général, plus de quarante citoyens de la République d'Arménie ont été capturés et ont disparu de ces barrages routiers. En 1991, toutes les maisons du district de Zhami Dzor à Voskepar ont été pillées, détruites, dynamitées par l'ennemi, et le village a été presque constamment soumis à des bombardements et des pilonnages... Ce n’est qu’après tout cela que nous avons commencé à nous battre non pas pour occuper des territoires, mais pour défendre et conquérir notre droit à la vie et à la libre circulation. 

Nous n'y sommes parvenus qu'en 1992, à un coût très élevé, au prix de victimes et de vies mutilées. Aujourd'hui, sous la fausse thèse de « l'intégrité territoriale » des États, les déclarations publiques sur la restitution de ces territoires se multiplient, alors c'est totalement inacceptable pour nous. Et où est le droit de vivre et de circuler librement que nous accorde la « Déclaration universelle des droits de l’homme » ? Même aujourd'hui, lorsque nous sommes à une certaine distance des positions ennemies, nous sommes régulièrement attaqués par l'ennemi et notre pays ne peut pas assurer la sécurité de nos enfants, que se passera-t-il lorsque ces zones seront restituées et que l'élément turc apparaîtra à 20-30 m de nos maisons, à 100 m de distance de l'école ? Alors que nous nous retrouverons à nouveau isolés du monde extérieur, entourés d'un élément hostile.

D'un autre côté, si nous parlons d'« intégrité territoriale », la partie adverse va-t-elle restituer les territoires sous son contrôle du territoire souverain de l'Arménie sur notre territoire, environ 900 hectares du village de Berkaber sur la rive gauche de le réservoir de Joghazi, les zones frontalières de Koti de 2 à 3 km de long qu'ils contrôlent, sans parler d'Artsvashen et d'autres zones. Nous sommes sûrs que l’adversaire n’y pense même pas.

Nous n'avons pas besoin d'expliquer au gouvernement de la RA l'importance stratégique du moindre recul des frontières dans cette zone, de la perturbation de la sécurité de l'État, mais nous devons souligner qu'à la suite de la concession territoriale dans cette partie de la République d'Arménie la frontière, ce ne sont pas seulement les villes frontalières de Berkaber, Sarigaugh, Tsaghkavan, Kirants, Voskepar, Baghanis qui en souffriront. 

Il serait naïf de penser que lors de la prochaine étape, l'ennemi n'exigera pas la restitution des soi-disant «enclaves», et ce qui arrivera à notre pays après cela est même effrayant à penser. Dans les discours quotidiens du président de notre pays voisin pas si amical, on entend des aspirations plus exigeantes envers notre pays, à propos de Zangezur, Sevan, voire Erevan. C'est leur comportement. Une fois ici, leur désir de prendre ce qui appartient à quelqu'un d'autre ne s'éteindra jamais. Ils ne respectent que le droit de la force et ne font la paix qu'avec les plus forts. Et aucune loi internationale, aucune structure ne peut les freiner.

Voskepar et les colonies arméniennes adjacentes ont une histoire millénaire. Ici, nos villages existent depuis au moins le IVème siècle et ont réussi à atteindre le XXIème siècle à travers des siècles de lutte et devraient perdurer. L’élément turc est apparu ici il y a seulement 200 ans et a toujours essayé de nous priver de notre droit de vivre ici, mais sans succès. Cela n’a pas réussi dans les années 90, et cela ne réussira pas non plus aujourd’hui. Nos structures culturelles millénaires, nos forteresses et nos églises en sont les témoins.

En fin de compte, nous voudrions exprimer l'espoir que vous suivrez notre parole et tenterez de trouver d'autres solutions dans cette région, qui ne se feront pas au prix de compromettre les solides lignes de défense déjà existantes, violant le droit de la population de notre colonies de vivre et de se déplacer librement.

Nous, soussignés, exprimons notre désapprobation à l'idée de répondre aux demandes territoriales présentées par l'Azerbaïdjan et aux concessions territoriales dans cette partie de la frontière. Nous sommes prêts à défendre notre droit de vivre et de circuler librement à tout prix, d'être aux côtés de notre armée, dans ses rangs, pour le bénéfice de la protection de notre patrie et de nos colonies. »