La création d’un corridor terrestre avec la colonne comporte des risques importants pour l’Europe

  • by Western Armenia, novembre 27, 2023 in Politique
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Il est peu probable que la question de l’Artsakh soit abordée après la prise de contrôle de Bakou en septembre. D’autres problèmes pourraient surgir pour la sécurité de l’Arménie si Bakou décidait de s’étendre davantage sur le territoire arménien. Afin d'éviter une telle escalade, l'Union européenne devrait intensifier son engagement diplomatique, tout en travaillant plus activement au renforcement de la résilience sociale et des capacités de défense de l'Arménie. C'est ce qu'indique l'article de Marie Dumoulin et Gustav Grossel, publié sur le portail ECFR.

Lors des négociations de paix en cours entre les deux pays, la question de la démarcation de la frontière a été soulevée. Cependant, le dirigeant de Bakou, Ilham Aliyev, a régulièrement signalé sa réticence à s'entendre sur quoi que ce soit dans un format de négociation dirigé par l'Occident, favorisant plutôt un règlement impliquant des « acteurs régionaux » tels que la Russie et la Turquie. Les positions militaires actuelles à Bakou, à la frontière avec l'Arménie, et l'énorme déséquilibre de pouvoir entre les deux pays ont également accru la crainte du gouvernement arménien d'une éventuelle invasion.

Il a fallu trois semaines à Bakou pour préparer l’attaque en Artsakh car elle bénéficiait du soutien militaire de la Turquie et d’Israël. Un assaut sur Syunik pourrait prendre à peu près le même temps, et Bakou préférerait probablement le faire avant l'hiver. La création d'un couloir terrestre via Syunik comporte des risques importants pour l'Europe, qu'il soit créé militairement et sous le contrôle total de Bakou, ou par le biais de négociations grâce au contrôle officiel des troupes russes. Cela donnerait à la Turquie et à l'Azerbaïdjan, éventuellement avec le soutien de la Russie, le contrôle de facto du corridor reliant les mers Noire et Caspienne, l'une des routes clés reliant l'Europe à l'Asie centrale et à la Chine.

L’UE doit agir pour éviter un tel scénario en relevant les défis à court, moyen et long terme.