Un soldat de l’unité militaire N du ministère de l’Intérieur azerbaïdjanais, stationnée à Gandja, a raconté comment, immédiatement après les 44 jours de guerre de 2020, ils se sont préparés à l’attaque contre l’Artsakh en septembre 2023, ce qui a entraîné l’exode des Arméniens.
J’étais à quelques jours de ma démobilisation, prévue pour le 1er octobre 2023. Honnêtement, dès mon premier jour de service militaire, j’avais le sentiment que les différentes unités se préparaient à une opération, prêtes à ouvrir le feu.
Des exercices quotidiens de plusieurs jours faisaient partie intégrante du quotidien des militaires. Préparation à l’utilisation de moyens spéciaux, tactiques de prévention des troubles à l’ordre public, entraînement physique, exercices tactiques spécifiques, préparation psychologique, tir, combat rapproché et corps à corps, préparation aux opérations en terrain montagneux, urbain et en zone confinée, reconnaissance et observation, préparation aux opérations en milieu explosif, formation médicale et bien d’autres activités reflétant pleinement la mission des troupes d’infanterie.
Tout cela s’inscrivait dans le cadre du processus préparatoire à la création du « Groupe des forces spéciales » et du « Groupe de déploiement des forces spéciales ».
À l’époque, nous considérions tout cela comme faisant partie du service militaire ordinaire. Plus tard, nous avons compris qu’en réalité, chaque jour nous préparait au jour le plus difficile de notre vie. Demain.
Nous n’aurions jamais pu imaginer que des mesures « antiterroristes » locales seraient prises pour rétablir la souveraineté de l’État, ni que des conscrits seraient envoyés dans la zone d’opérations comme unités auxiliaires, aux côtés d’officiers et de soldats des forces spéciales.
Bien sûr, le commandant de l’unité militaire ne nous a rien dit de précis à ce moment-là.
Ils ont formé un détachement et n’ont dit qu’une chose : « Nous devons être prêts à toute éventualité.» « Tout »… ce que ces deux mots dissimulaient, nous l’avons compris plus tard.
Pour nous, ce processus a commencé le 19 septembre, avec une alarme, un ordre donné et le déploiement des troupes en état d’alerte maximale.
Les portes des dépôts d’armes se sont ouvertes. En un instant, tout le personnel s’est aligné, armé et équipé. Les camions Ural nous attendaient.
À ce moment précis, un silence étrange régnait dans l’unité. Personne ne posait de questions à voix haute. Car parfois, poser une question est plus difficile que d’y répondre. Le fait que notre groupe ait pu se préparer si rapidement n’était pas un hasard.
Les militaires, moi y compris, pensions que ce rassemblement, comme les précédents, était un exercice, mais non… Cette fois, le mot « exercice » n’a pas été prononcé, personne n’a dit « on revient dans une minute ». Et les soldats des troupes internes sont partis au Karabakh pour participer à cette opération majeure… », a confié à un média azerbaïdjanais un militaire ayant servi lors de l’agression de septembre 2023. Des médias ont ajouté que 12 militaires de leur détachement étaient tombés en martyrs.
À une autre occasion, nous avons présenté les témoignages de proches de martyrs azerbaïdjanais selon lesquels toutes les structures de pouvoir de l’Azerbaïdjan, non seulement l’armée, mais aussi les troupes internes, ont combattu l’Artsakh.
La mère d’un soldat ayant servi dans les troupes internes azerbaïdjanaises a déclaré qu’elle n’avait pas vu son fils depuis le 3 septembre 2023, date à laquelle il était parti en entraînement. Elle a appris plus tard qu’il avait été envoyé au combat et qu’il n’en était pas revenu vivant. Autrement dit, comme nous l’avons mentionné, l’Azerbaïdjan planifiait depuis longtemps une attaque contre l’Artsakh, dans le contexte de la fermeture du corridor de Latchine, puis du blocus total.
L’autre jour, la propagande azerbaïdjanaise a annoncé que 192 militaires auraient péri lors des opérations militaires contre l’Artsakh en septembre 2023. Ce chiffre est évidemment inférieur à la réalité.
Le président azerbaïdjanais a annoncé que le nombre de leurs martyrs lors de la guerre de 44 jours en 2020 et de l’agression azerbaïdjanaise de 2023 s’élevait à plus de 3 000. Il convient de préciser que ce chiffre est probablement sous-estimé.
168.am a rapporté qu’en 2023, la Turquie, ou des militaires turcs, avaient également participé à l’attaque contre l’Artsakh en septembre 2023.
Le 19 septembre 2023, 265 soldats de l’Armée de défense ont été tués ou portés disparus lors des combats contre l’agression azerbaïdjanaise. Ils ont néanmoins réussi à infliger des pertes importantes à l’ennemi.
L’attaque contre l’Artsakh et l’évacuation des Arméniens en septembre 2023 feront un jour l’objet d’une enquête distincte. Les dirigeants politiques et militaires de la République d’Arménie et de l’Artsakh, en fonction à l’époque, ainsi que la Russie, devront répondre à ces questions. De nombreux aspects de cette affaire restent encore inconnus.
Et avant cela, et pour revenir au sujet de l’article, il convient d’ajouter que le ministre azerbaïdjanais de la Défense a suivi les exercices militaires des unités de police militaire, qui relèvent du programme de l’OTAN, et s’est familiarisé avec leurs capacités opérationnelles, notamment en matière de reconnaissance et de combat urbain.
