Les voix qui s’éteignent, la ville qui demeure 

  • by Editbeglari, août 26, 2026 in Nouvelles
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La mémoire de Constantinople ne se limite pas aux édifices de pierre, aux églises ou aux archives historiques. Elle se vit aussi à travers les sons : chants, hymnes, mélodies de mariage et musiques transmises de génération en génération.

La musique orale arménienne constitue une part importante de la mémoire culturelle riche et complexe de Constantinople. Elle porte en elle l’histoire du peuple, ses souffrances, ses déplacements et sa continuité. Lorsque la langue se mue en chant, l’histoire ne se tait pas, elle change simplement de forme.

Après 1915, la musique orale arménienne s’est diffusée de différentes manières. Elle s’est répandue davantage au sein de la diaspora, tandis que les derniers vestiges à Istanbul se sont peu à peu estompés, passant des grandes scènes aux petites salles, des places aux cours intérieures. Pourtant, elle n’a pas disparu.

Gomidas Vartabed est l’un des témoins importants de cette mémoire culturelle. Il a non seulement collecté des mélodies folkloriques arméniennes, mais a également consigné la diversité musicale de cette région. Dans ses recueils, des mélodies arméniennes, kurdes et turques se côtoient, illustrant l’entrelacement étroit des sonorités de différentes cultures. La musique arménienne n’est peut-être plus aussi présente à Constantinople qu’autrefois, mais elle n’a pas pour autant disparu. Un hymne dans la cour d’une église, un chant entonné lors d’une réunion de famille, ou la mélodie d’un duduk dans une maison continuent d’en perpétuer le souvenir.

La ville a changé, ses habitants sont partis, mais les sonorités n’ont pas complètement disparu. Car la musique est l’une des formes de mémoire les plus tenaces. Parfois, les villes préservent leur histoire non par les livres, mais par les chants.