Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer le 21ième anniversaire de la Déclaration Conseil National d’Arménie Occidentale. Cette déclaration actée le 17 décembre 2004 sur le territoire libéré de Chouchi, représente bien plus qu’un acte politique
Elle constitue un événement historique majeur pour la reconstitution de la nation arménienne et possède une importance juridique fondamentale.
Cette déclaration est tout d’abord l’acte fondateur de notre reconstitution nationale à travers le processus de l’autodétermination de la nation arménienne et marque le réveil d’une conscience nationale que des forces criminelles ont voulu abattre par les tragédies génocidaires du XIX et du XXe siècles.
Après le génocide des Arméniens, après plus d’un siècle d’occupation, le 17 décembre 2004 représente le moment où les Arméniens d’Arménie Occidentale ont décidé de reprendre leur destin en main en refusant l’oubli et l’acceptation de l’injustice historique.
Cette déclaration est la preuve que ni le génocide ni l’occupation ne peuvent effacer l’identité d’un peuple et sa volonté d’exister.
Cette Déclaration fait qu’aujourd’hui la nation arménienne se reconstitue tous les jours un peu plus à travers le mécanisme de la citoyenneté attribuée à tous ses enfants en exil et sur le territoire de l’Arménie Occidentale occupée.
Cette Déclaration s’appuie aussi sur les fondements juridiques inhérents à l’ensemble des droits obtenus par la nation arménienne au sortir de la première guerre mondiale, celle de la reconnaissance de son Etat en 1920 par le Conseil suprême des puissances alliées.
Cette reconnaissance a été confirmée le 10 août 1920 par le traité de Sèvres, où l’Arménie siégeait parmi les Puissances alliées.
L’article 88 de ce traité stipule clairement : « La Turquie déclare reconnaître, comme l’ont déjà fait les Puissances alliées, l’Arménie comme un État libre et indépendant. »
Plus encore, le président Woodrow Wilson a rendu sa sentence arbitrale le 22 novembre 1920, définissant les frontières occidentales de l’Arménie.
C’est ici que réside toute l’importance des fondements posés par la Déclaration puisque l’Arménie Occidentale se proclamera par la suite État continuateur de la République d’Arménie de 1920.
Cette notion de continuité est cruciale en droit international. L’État arménien de 1920 n’a jamais cessé d’exister juridiquement.
Cette déclaration a donc conduit notre nation à se doter d’une structure d’Etat laquelle œuvre à l’application de ses droits.
Elle ravive des droits qui n’ont jamais été éteints, des frontières qui n’ont jamais été légalement modifiées, une souveraineté qui n’a jamais été légalement transférée.
Ces droits longtemps ignorés, falsifiés et bafoués sont portés au Palais des Nations-Unis où la voix de la nation arménienne d’Arménie Occidentale se fait entendre et où les relations diplomatiques avec les Etats se renouent, là où elles s’étaient arrêtées suite à l’occupation de notre territoire.
Aujourd’hui, 21 ans après cette Déclaration historique, son importance n’a fait que grandir.
Grâce à cette Déclaration, l’Arménie Occidentale est au-devant du devoir de mémoire et de l’hommage fait à tous ses fils tombés sur le champ d’honneur et participe aux nombreuses cérémonies patriotiques organisées à travers le territoire français.
La reconstitution de notre nation suite au génocide des Arméniens et à travers cette Déclaration est une œuvre de dignité pour l’ensemble de la nation. Cette œuvre de dignité doit se poursuivre à travers la nécessaire réparation due par certains Etats du fait de leur implication dans le martyr arménien.
110 années se sont écoulées depuis la phase culminante du génocide des Arméniens, mais à l’acte de réparation que fut la reconnaissance de notre Etat et la signature du Traité de Sèvres doit s’ajouter désormais le dossier des procédures envers les Etats portant une lourde responsabilité dans la souffrance de la nation arménienne que sont la France et l’Allemagne.
Cette Déclaration est en somme non seulement un acte de reconstitution nationale mais aussi une quête de justice, de vérité et de paix fondé sur le droit international.
Elle nous rappelle que le temps ne peut effacer les obligations internationales.
Elle nous rappelle qu’un peuple qui maintient sa mémoire, son identité et ses revendications légitimes ne peut être définitivement vaincu.
Cette déclaration est un phare pour tous les Arméniens dispersés à travers le monde.
Notre cause est juste, nos fondements sont solides, et notre détermination est inébranlable.
Vive l’Arménie occidentale ! Vive le peuple arménien uni dans sa quête de justice !
Le 17 décembre 2025
Lydia Margossian
Vice-présidente du Conseil National d’Arménie Occidentale
