La nouvelle politique et le Sultan
Le grand vizir Tewfik pacha a invité, par dépêche circulaire, les autorités provinciales à se conduire conformément à la loi du Cheri et à la Constitution.
Aujourd’hui la, la chambre doit siéger en séance plénière pour délibérer sur la continuation et sur la dissolution du parlement, sur la garantie de reconnaître aux députés et sur l’attitude à prendre au cas où
l’existence de la Chambre et de la Constitution serait en danger.
Sur l’ordre du Sultan, les troupes qui avaient été précédemment retirées d’Yildiz, sont rentrées dans les casernes autour du Palais et le maréchal Chevket pacha, ex-commandant de la garde impériale est réintégré.
On peut donc dire que le sultan est redevenu maître de la situation, le comité ayant virtuellement disparu, la Chambre n’ayant plus aucune autorité et le gouvernement étant composé d’hommes nullement animés d’un
esprit de combativité.
La fusillade dans les rues en signe de réjouissance a causé une dizaine de morts et une vingtaine de blessés.
Dans la journée historique du 13 avril, deux députés tombèrent de frayeur par les fenêtres de la Chambre et se blessèrent.
Nazim pacha a été nommé commandant du premier corps d’armée. Cette nomination a fait bonne impression.
Le nouveau ministère parait décidé à prévenir toute tentative de pronunciamiento de la part de la garnison de Salonique ou d’Andrinople, car hier, dit-on, un cuirassé est parti dans la matinée pour porter aux troupes
qui pourraient venir de Salonique, par la mer, l’ordre de retourner dans cette ville, et les y contraindre par la force en cas de besoins.
