L’article paru le 24 avril 2026 présente les mémoires de Tigran Makaryan, grand-père de la légendaire chanteuse et compositrice Elvina Makaryan, publiées pour la première fois dans la presse arménienne. L’ouvrage « Souvenirs du Goulag de Deir ez-Zor » constitue un témoignage exceptionnel des années du génocide des Arméniens, relatant les expériences et les souvenirs d’un témoin oculaire.
Tigran Makaryan, né dans le village d’Albistan, dans la province de Marash, n’avait que 13 ans lors du génocide. Ses mémoires décrivent en détail les routes de déportation forcée, les « routes de la mort » reliant Marash à Deir ez-Zor. Il décrit les caravanes en mouvement constant, se dirigeant vers le désert avec un destin incertain, mais en réalité, vers un massacre de masse.
Les mémoires reflètent également l’atmosphère qui régnait au sein de la population arménienne : la peur, l’incertitude et l’espoir illusoire que la déportation forcée ne s’étendrait pas à tous. Cependant, il devient vite évident que l’objectif était l’extermination totale. Les scènes familiales sont particulièrement émouvantes : l’auteur se souvient d’une rencontre avec son oncle, dont les larmes silencieuses préfiguraient la tragédie imminente. Plus tard, il assiste également à l’arrestation de son père et de ses proches sur de fausses accusations, preuve supplémentaire du caractère organisé du génocide.
Les témoignages de Tigran Makaryan révèlent aussi comment les autorités ottomanes ont délibérément anéanti l’intelligentsia arménienne, recourant à la calomnie et à des instances judiciaires extraordinaires.
Ces mémoires ne sont pas seulement un récit de faits historiques, mais aussi un rappel essentiel de la nécessité de se souvenir de la tragédie humaine, de résister et de préserver la mémoire.
