Je voudrais tout d’abord féliciter le 13ième anniversaire du Parlement d’Arménie Occidentale et féliciter Mme Haroutinian Présidente de l’Assemblée nationale et l’ensemble des Députés.
La constitution de notre Parlement a été une étape essentielle pour notre nation et cela est vrai pour toute société qui souhaite en général vivre dans la justice et la liberté.
D’autant plus qu’un Etat comme le nôtre, dont le territoire est occupé ne disparaît pas juridiquement s’il maintient trois éléments : une population, une représentation, et une expression continue de sa volonté souveraine.
En cela, le parlement de l’Arménie Occidentale est bien plus qu’une assemblée de personnes et comprendre pourquoi nous avons un parlement, c’est déjà commencer à le défendre.
L’histoire contemporaine montre qu’un État ne disparaît pas nécessairement avec la perte de son territoire, l’occupation militaire ou même la destruction massive de sa population.
Le cas de l’Arménie occidentale, illustre de manière profonde cette question.
En cela nos institutions deviennent le principal vecteur de notre survie nationale.
Nos institutions remplissent plusieurs fonctions essentielles :
- elles préservent la mémoire juridique et historique de notre État ;
- elles maintiennent une représentation politique de notre peuple dispersé ;
- elles transmettent une légitimité intergénérationnelle ;
- elles servent d’interlocuteur dans les relations internationales ;
- elles empêchent l’effacement complet de notre revendication nationale.
Lorsqu’un peuple est déplacé ou exterminé en partie comme ce fut le cas des Arméniens d’Arménie Occidentale, les institutions deviennent des structures de résistance culturelle et identitaire.
Sans elles, la destruction physique de notre peuple risque de se transformer en disparition historique.
Rappelons que le génocide des Arméniens ne visait pas seulement des individus ; il visait aussi les structures permettant la continuité collective : élites politiques, religieuses, éducatives et culturelles de notre peuple autochtone .
Les écoles, les églises, les monastères, furent également massivement détruites ou confisqués.
La réponse arménienne de reconstitution nationale s’est faite grandement grâce à l’œuvre de la Délégation nationale arménienne conduite par Boghos Nubar ayant conduit à la reconnaissance de l’Etat arménien de 1920 dont l’Arménie Occidentale est l’Etat continuateur.
La continuité institutionnelle possède donc une dimension juridique appuyée par le sentence arbitrale de Woodrow Wislon.
Et c’est précisément sur le terrain juridique que s’inscrit l’Arménie Occidentale à travers sa participation dans les instances internationales et à travers les procédures présentées à la Cour européenne des droits de l’homme qui portent l’ensemble du paquet juridique de la nation.
Ainsi nos institutions constituent le cœur de la continuité étatique et collective.
Elles préservent notre mémoire, assurent notre représentation, transmettent la légitimité et empêchent l’effacement historique.
Nos institutions permettent à notre nation dispersée de conserver une conscience politique, historique, juridique et culturelle commune malgré l’exil et la fragmentation.
Nos institutions ne sont pas seulement des organes administratifs.
Dans les situations de catastrophe historique, elles deviennent les gardiennes de l’existence collective elle-même.
Je vous remercie
Lydia Margossian, Cheffe du gouvernement de l’Arménie Occidentale et Ministre des Affaires étrangères de la République d’Arménie Occidentale.
24 mai 2025
