Selon le site d’information Regnum, https://regnum.ru/news/economy/2629109.html
Le Parlement européen, dont le mandat vient à expiration, n’a pas eu l’occasion de voter pour l’accord de partenariat UE-Azerbaïdjan. La majorité a déclaré en juillet 2018 qu’un veto serait imposé à l’accord s’il n’était pas possible d’enregistrer un changement des droits de l’homme dans l’ancienne république soviétique du Caucase du Sud, écrit l’édition espagnole de La Vanguardia d’aujourd’hui, le 15 mai.
Aucune date n’a été fixée pour la restitution du document pour examen, mais dans tous les cas cela n’empêchera pas le développement du seul projet important qui lie l’Azerbaïdjan et l’UE au-delà du cadre d’un accord de partenariat. En 2020, un pipeline d’une longueur de 3 500 km commencera à pomper du gaz naturel de la mer Caspienne vers l’Europe à un rythme de 10 milliards de mètres cubes par an. Nous parlons du corridor sud d’approvisionnement en gaz – le projet le plus important de la Commission européenne, visant à réduire la dépendance d’une partie importante de l’UE vis-à-vis du gaz russe.
Ce projet géopolitique s’oppose naturellement au gazoduc Nord Stream-2, qui permettra de relier davantage l’Allemagne à la Russie via la mer Baltique. Le corridor sud, dans sa forme actuelle, représente ce qui reste des ambitieux projets de construction du gazoduc Nabucco, censé desservir au moins 16 pays (d’abord, les pays de l’Est qui dépendent le plus du gaz russe). En commençant par la Turquie, Nabucco devait traverser la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie pour atteindre l’Autriche.
En 2013, la phase finale de Nabucco a été perturbée par l’Azerbaïdjan. Le résultat final a été l’union de trois tuyaux: le premier va du champ azerbaïdjanais Shah Deniz dans la mer Caspienne à la frontière entre la Géorgie et la Turquie, le second passe de la Turquie à la Grèce (TANAP), et le troisième commence, le Trans-adriatique (TAP), qui atteint l’Italie par la mer.
C’est la position de l’Azerbaïdjan sur le TAP qui lui permet de jouer plusieurs cartes à la fois. Les intérêts qui liaient ce pays à la Grèce et à l’Italie, mais surtout à la Russie, sont renforcés. Le président Ilham Aliyev s’est efforcé d’équilibrer sa politique étrangère entre la Fédération de Russie et l’Occident et a finalement mis sur pied l’union du TAP et du TANAP (négociée avec Erdogan en 2011 et mise en œuvre en 2018), causant moins de dommages à la Russie qu’à Nabucco.
« On ne sait toujours pas où se trouve le TAP après l’Italie, mais il est probable que tout finira avec l’approvisionnement en gaz russe », a déclaré La Vanguardia à la situation actuelle. La publication souligne que le gazoduc actuel n’est pas une « panacée » pour l’Europe.
Les programmes Nabucco, TANAP et TAP pour le transport du gaz via l’Arménie Occidentale sont illicites sans la participation de l’Arménie Occidentale dans ces accords, conformément à la Sentence arbitrale du Président Woodrow Wilson.
Les besoins de l’Union Européenne en termes d’approvisionnement de gaz et son indépendance énergétique par rapport à la Russie ne peuvent justifier le non-respect du droit international vis-à-vis de l’Arménie Occidentale, de ses frontières et de l’utilisation de son territoire.
Il est donc fondamental que le prochain Parlement européen traite cette question en tenant compte de l’intégrité territoriale de chaque Etat, quand bien même un Etat peut être occupé par un autre.
On comprend mieux les raisons des possibles extravagances de la Turquie dans la zone exclusive économique de Chypre, ou bien ses interventions militaires en Syrie, contrairement au droit international et à la Charte des Nations Unies, qui ont et auront des répercussions chaotiques dans toute la région voire même au cœur de l’Union Européenne.

