Une lettre datée du 15 décembre 1921 est aujourd’hui considérée comme un précieux témoignage historique, révélant les détails de la déportation des Arméniens de Cilicie et de leur accueil au Liban durant le mandat français.
Cette lettre, envoyée de Beyrouth à Paris, est adressée par Mesrop Vardapet Keshishian au moine Boghos Aris de Zmmar. Le document expose les difficultés rencontrées par les réfugiés arméniens après leur départ de Cilicie.
Keshishian écrit qu’initialement, ni Beyrouth, ni Jaffa, ni Chypre n’étaient prêtes à les accueillir. Cependant, grâce à l’intervention des autorités françaises locales, il fut possible d’organiser le transfert d’environ 15 000 Arméniens et enfants de l’orphelinat d’Adana vers le Liban. Le gouvernement français s’engagea à leur fournir un logement et du travail.
La lettre mentionne également le monastère de Peytkhashpo, où il fut décidé d’héberger les orphelins arméniens, le monastère et les terres adjacentes étant mis à disposition à cet effet. Cette mesure fut perçue comme une solution essentielle à la situation critique des réfugiés arméniens. L’auteur souligne également la portée politique du déplacement des Arméniens, notant que la croissance de la population chrétienne au Liban pourrait influencer l’équilibre politique futur du pays.
La lettre contient aussi des informations importantes sur les initiatives de l’Église et du secteur éducatif. Elle évoque notamment le projet de création d’une école de filles dans des bâtiments religieux afin de soutenir la communauté réfugiée.
Selon les historiens, la lettre de Mesrop Vardapet Keshishian n’est pas seulement une lettre personnelle, mais aussi un document historique majeur qui témoigne des difficultés rencontrées par les réfugiés arméniens, des efforts déployés pour leur venir en aide et du rôle des structures communautaires arméniennes à cette époque.
